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Pour qu’il n’y ait plus de citoyens tués par la police

Dominique Boisvert
Photo Agence QMI, Audré Kieffer

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Pierre Coriolan, 58 ans, tué le 27 juin 2017 par quatre policiers de Montréal qui, en une minute et dix secondes, ont utilisé le taser, des balles en plastique, des coups de bâton télescopique et des balles réelles.

Alain Magloire, en février 2014, Mario Hamel et Patrick Limoges en juin 2011, aussi tués par des policiers de Mont­réal : quelques-unes des 106 personnes qui auraient été tuées par des balles de policiers au Québec entre 2000 et 2013. Et la situation est loin de s’améliorer : « Les policiers québécois ont blessé ou tué plus de citoyens par balles lors de leurs interventions en 2015 et 2016 que la moyenne des 10 années précédentes. [...] En 2015, 14 personnes ont été atteintes gravement ou fatalement par des balles, et 19 en 2016 (11 morts, 8 blessés). (Le Devoir, 11 juillet 2017.) À quoi il faut ajouter, pour les six premiers mois de 2017, 6 autres morts et 5 blessés. »

Des morts évitables

Est-ce inévitable ? Non. Tandis que 1100 citoyens étaient tués par la police américaine durant la seule année 2015, les 11 000 policiers norvégiens n’avaient dégainé leur arme que 42 fois et tiré seulement deux balles (sans faire de blessé) en 2014. Des résultats assez semblables à ceux qu’on trouve en Finlande, au Danemark, en Islande, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni ! Comme par hasard, des pays où les policiers sont rarement ou peu armés. Au Royaume-Uni, un pays de 56 millions d’habitants, moins de 5 % des policiers sont autorisés à porter une arme à feu ; et en 7 ans, depuis 2010, les policiers ont ouvert le feu à peine 25 fois et tué seulement 10 personnes.

Meilleure garantie

Les faits sont limpides : si la plupart des policiers n’étaient pas armés, il y aurait infiniment moins de morts. Et probablement plus aucune mort de civils innocents dont le seul crime était d’être pauvres, souvent Noirs ou Autochtones, et victimes d’une maladie mentale.

Les policiers ne seraient pas plus en danger, comme le montre l’exemple des nombreux pays qui ont fait ce choix, car ils devraient forcément trouver d’autres moyens, moins dangereux, d’assurer l’ordre public. Là comme ailleurs, « la nécessité est la mère de l’invention ». Et la meilleure garantie pour la sécurité de tous, policiers compris (ils n’auraient plus raison de craindre d’être... désarmés).

Dwominique Boisvert est l’auteur de l’essai Nonviolence, une arme urgente et efficace (Écosociété, 2017). Il habite à Scotstown.