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Promouvoir la musique d’une nouvelle manière

La Voix VI
Photo courtoisie OSA images et TVA

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Bien qu’il n’ait pas sorti d’album de chansons inédites depuis cinq ans, Garou n’a pas délaissé la chanson pour autant. En explorant le métier d’animateur télé en France, le rockeur québécois promeut la musique d’une nouvelle manière. « J’aime encore chanter. Je tripe encore sur scène. Mais les choses ont changé. La musique est tellement en danger... Je veux me battre pour assurer sa survie. »

Garou a monopolisé les ondes télévisuelles le mois dernier en France. Le Sherbrookois de 45 ans est apparu aux commandes de deux émissions sur France 2 : Gare au Garou et Destination Eurovision. La première, une émission de variétés présentée à heure de grande écoute au cours de laquelle il s’est amusé à chanter avec Louane, Patrick Fiori et Julien Clerc, a rallié plus de 2,1 millions de téléspectateurs. Scindée en trois rendez-vous, la seconde visait à trouver le concurrent qui représentera la France à l’Eurovision au printemps.

En entrevue au Journal, le principal intéressé dit s’être lancé en production, animation et conception télé pour redonner les clés du petit écran aux artistes.

« Devenir animateur, ce n’est pas un choix de carrière. Je n’accepte pas tout ce qu’on m’offre. Je choisis des shows qui mettent la musique au premier plan, parce qu’elle souffre beaucoup présentement. Mon but, c’est d’essayer de tourner le gouvernail. »

Témoin privilégié

L’industrie du disque traversait une période faste quand Garou a percé dans Notre-Dame-de-Paris en 1998. Deux ans plus tard, il lançait son premier album solo, Seul, qui s’est écoulé à deux millions d’exemplaires.

« Ça n’existe plus maintenant, indique le chanteur. Quand tu commences ta carrière comme ça et qu’après, tu réalises que c’est en train de dégringoler pour tout le monde, ça t’interpelle. »

« Je peux me permettre de faire ce que j’ai envie de faire professionnellement. C’est un luxe que j’ai grâce aux grandes chances qui m’ont été données. Aujourd’hui, c’est à mon tour d’aider. Je veux créer des opportunités pour d’autres artistes. »

Retrouvailles

La Voix s’inscrit dans cette ligne de pensée. Après avoir passé quatre ans à jouer le rôle de coach à The Voice en France, Garou fera de même au Québec cet hiver. Il siégera aux côtés d’Éric Lapointe, Lara Fabian et Alex Nevsky, avec lesquels il s’est beaucoup amusé lors des enregistrements des deux premières rondes du concours.

« J’étais super content de retrouver mon vieux chum Éric. On s’était un peu perdus de vue au cours des dernières années à cause de nos carrières. Pour ce qui est de Lara, on s’était croisés plein de fois, mais on n’avait jamais pris le temps de faire vraiment connaissance. Elle m’épate. Elle est d’un naturel incroyable. C’est la grande découverte du show, à mon avis. Et pour Alex, on ne s’était jamais rencontrés avant. C’est un gars super. Il est toujours souriant. Il a un humour que j’adore. Et c’est une boîte à surprise. »

La Voix vs Ze Voice

Garou connaît les rouages d’une émission à grand déploiement comme La Voix. Il raconte avoir passé la première journée d’enregistrement à relever les différences techniques avec l’adaptation française.

« J’étais un peu le fatiguant qui n’arrêtait pas de dire : “Mais en France, c’est comme ça qu’ils font...” Je m’énervais moi-même ! »

Habitué aux plateaux de télévision, Garou a trouvé ses aises rapidement. Une chose l’a toutefois passablement déstabilisé.

« Ce qui m’a surpris le plus entre la version française et québécoise, c’est que mon fauteuil tourne dans l’autre sens ici ! Sérieusement, j’ai fait le saut tout au long des auditions à l’aveugle ! »

Une expérience gratifiante

Garou a acquis une grande expérience de coach aux côtés de Florent Pagny, Mika et Zazie en France. Au fil des années, il a réalisé que l’aventure était tout aussi importante – sinon plus – que l’issue du concours.

« Quand j’ai fait les premières saisons, on prenait la première position beaucoup trop au sérieux. Mais aujourd’hui, quand je vois des gens comme Louane, qui avait quitté l’émission en demi-finale, avoir des carrières extraordinaires, je trouve ça super. »

« C’est gratifiant de participer à une émission qui propulse des personnes talentueuses. Ça donne des résultats concrets pour plein de monde. Le chansonnier qui fait les bars avec sa guitare, s’il vient à La Voix, au minimum, il va pouvoir charger un peu plus cher après ! »

► La Voix entame sa sixième saison dimanche soir à 19 h à TVA.

La parole aux coachs

Éric Lapointe

La Voix VI
Photo courtoisie OSA images et TVA

 

Garou se joint au panel de coachs cette saison. Étiez-vous heureux de retrouver votre vieil ami ?

Je suis très content. Parce que dernièrement, on se voyait peut-être une ou deux fois par année. Garou et moi, ça fait 30 ans qu’on se connaît. Ça remonte aux clubs. On jammait ensemble. C’est un vieux chum. Notre complicité est installée depuis longtemps.

Comment décririez-vous Lara Fabian comme coach ?

On dirait qu’elle a fait ça toute sa vie. Elle est d’un naturel fou. Elle est articulée. Et quand elle décide qu’elle veut un candidat, rien ne l’arrête. C’est une passionnée comme moi.

Nouveau groupe de coachs, nouvelle dynamique ?

Oui. On s’en permet plus qu’avant, parce qu’on n’est pas susceptibles pour cinq cennes. On se taquine à mort. Il n’y a pas de retenue. C’est vraiment le fun. C’est une saine compétition. On s’amuse. Pis ça donne un bon show.

On connaît votre intensité quand vient le temps de convaincre un candidat de venir dans votre équipe. Êtes-vous toujours aussi d’attaque cette année ?

Je suis toujours aussi motivé. Oui, c’est de longues heures, mais ça vaut la peine. La Voix, c’est une avalanche de talents. C’est un tourbillon d’émotions. Chaque année, on vit des moments magiques. Et pour les coachs, c’est une occasion d’aller explorer des univers qui sont loin des nôtres.


Alex Nevsky

La Voix VI
Photo courtoisie OSA images et TVA

 

Être coach à La Voix et être coach à La Voix junior, c’est différent ?

Ça demeure le même travail... mais c’est plus stressant La Voix. Parce que ce sont des gens qui veulent faire carrière maintenant. Des gens qui s’en servent comme tremplin pour demain matin. Les choix que je vais faire peuvent être déterminants. Je n’ai pas la mainmise sur leur carrière, mais je sais qu’une bonne décision peut mener à plus de visibilité, etc. D’un autre côté, on prend tout autant de précautions à La Voix junior, parce que les enfants sont les êtres les plus précieux au monde. Il faut faire très attention à leurs rêves.

Côtoyer Garou, Lara Fabian et Éric Lapointe, c’est comment ?

Pour vrai, c’est un véritable honneur. Ce sont des artistes que j’ai beaucoup écoutés quand j’étais plus jeune. Mon premier album, c’était la cassette d’Éric Lapointe. J’étais un immense fan de Notre-Dame-de-Paris. Et Lara Fabian, je connais ses chansons par cœur. Elles font en quelque sorte partie de notre folklore.

Est-ce que c’était un stress supplémentaire d’être coach avec eux ?

Oui. Je suis quand même à côté de trois immenses pointures. Mais aussitôt qu’on a commencé les tournages, j’ai réalisé qu’il y avait vraiment un esprit de fraternité et beaucoup de bienveillance. Quand j’ai vu qu’on avait vraiment du fun, le stress est retombé.


Lara Fabian

La Voix VI
Photo courtoisie OSA images et TVA

 

Les enregistrements des émissions ont commencé. Appréhendiez-vous comment les choses allaient se passer ? Parce que c’était un univers inconnu pour vous...

Complètement. Je suis arrivée ici avec de grands yeux. Mon objectif premier, c’était d’observer, de comprendre... J’avais regardé beaucoup de choses des dernières années, mais je suis quand même arrivée en mode prudence.

Croyez-vous qu’on peut tout dire aux candidats ?

Mon objectif, c’est d’être sincère. Je veux être transparente et honnête. Je me branche vraiment sur ce que j’ai envie de dire et non sur ce qu’il faudrait dire. C’est le plus grand défi. Il ne faut pas se priver d’être sincère, mais il faut choisir son moment. Pour éviter de blesser, mais aussi pour être constructif et permettre aux candidats d’avancer.

On vous a approchée pour être coach à The Voice – La plus belle voix en France et The Voice Belgique, mais vous avez toujours refusé. Pourquoi avez-vous accepté la proposition du Québec ?

C’est la première fois que j’étais libre. C’était une question de planning chaque fois. J’avais des concerts dans les pays de l’Est quand la France m’a contactée.

Quelle facette de votre personnalité pourrons-nous découvrir en regardant La Voix ?

Mon côté maternel. Quand je fais face à des enfants qui ont entre 18 et 20 ans, la mère en moi monte toute seule ! Je deviens très protectrice.

Comment vous entendez-vous avec Garou, Éric Lapointe et Alex Nevsky ?

Super bien. On est une belle gang. Ça marche. Ça donne un bon show parce qu’on a beaucoup de respect les uns pour les autres.