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Regarder dehors

Regarder dehors
Illustration Nathalie Samson

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Je me suis levé lundi matin en cherchant l’inspiration pour cette chronique. J’aurais pu revenir sur le fait que j’ai écouté le Super Bowl entouré de 15 fans des Patriots, pendant que j’étais seul avec mon chandail des Eagles... Mais bon, c’est pas mon genre de tourner le couteau dans la plaie.

J’ai pensé à écrire sur le fait que les Canadiens ont perdu toute foi en leurs politiciens. En sommes-nous vraiment surpris ? On sait que la politique est un mal nécessaire. Chaque nouvelle administration, on sait que rien ne va changer et on espère juste survivre économiquement à ce qui pourrait arriver.

De mon côté, lorsque je vais voter, je me retrouve un peu comme lorsque je me retrouve dans un restaurant où je vais trop souvent et que je me dis : « Bon, qu’est-ce que j’ai pas essayé encore ? »

Promesses

J’ai ensuite cherché à travers les manchettes de la semaine si quelque chose m’inspirait.

Pas les sujets qui manquent, mais en même temps, la redondance était au rendez-vous : crime gratuit, injustice qui te met en tab % $#@ ! Promesses d’un meilleur lendemain que l’on sait d’avance fausses, dont on doute toujours par leur manque de sincérité. En gros, tout ce que ça donne, c’est une overdose de cynisme qui, heureusement, donne de bons statuts Facebook aux gens allumés.

Ouais, heureusement que l’on peut rire de ce qui fait l’actualité, en oubliant le fait que ça résume aussi notre quotidien.

Et pourtant, aujourd’hui, pendant que je suis devant l’ordinateur, je trouve une façon d’être de bonne humeur.

Oui, je trouve une façon, car j’ai comme ce sentiment que le bonheur est notre bouclier personnel qui se fait tirer des flèches dessus à répétition. On espère juste qu’il ne craque pas, et nous passons la majorité de notre temps à le réparer.

Pendant que je surfe sur les articles résumant la lourdeur de notre société, je me surprends à prendre des poses pour simplement regarder dehors. Je prends le temps d’apprécier la tranquillité de ma campagne, je vois les flocons poussés par le vent m’offrir un show de boucane naturelle. Les arbres sont enneigés et le soleil passe à travers leurs branches.

Accoté sur mon bras, j’essaye de prolonger le moment, car je sais ce qui m’attend lorsque je vais retourner mes yeux vers l’écran de mon ordinateur. Présentement, la seule question qui me revient en tête c’est : « Pourquoi est-ce que ce n’est pas toujours comme ça ? Simple et tranquille ».

J’ai l’impression que ces moments sont comme lorsqu’on branche nos cellulaires pour recharger la batterie et qu’on n’a pas le choix d’attendre qu’elle soit pleine pour avoir la force d’affronter la réalité.

Soyons honnêtes, c’est le fun quand ça brasse de temps en temps. Je sais que la vie, c’est une suite d’obstacles qui te font grandir.

Aucun problème avec ça.

Coincé

Mais l’humanité est devenue comme un jeu vidéo où l’on se retrouve coincé au même niveau sans jamais trouver la solution pour passer au prochain.

Est-ce que l’on a simplement accepté notre sort comme des dinosaures qui attendent le météorite qui va remettre le compteur à zéro ? Est-ce que mentalement et inconsciemment, on en est rendu là ?

Je sais très bien que vous allez me répondre non et qu’il faut s’accrocher au positif, et je suis entièrement d’accord avec vous. En fait, je base ma vie entièrement là-dessus.

Mais très sérieusement, donnez-nous un nouvel os à gruger, car celui-ci, on l’a déjà trop mâché, et en attendant que cet os se présente, j’espère que vous allez me pardonner, mais je vais retourner regarder ce qui se passe en dehors de ma fenêtre.