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Pratiquer le prêt privé n’est pas une mince affaire

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À la suite de ma chronique du 4 décembre dernier, qui abordait le sujet du prêt privé, un lecteur demande : « Est-il sensé, pour une personne à la retraite, d’encourir le risque de prêter une importante somme d’argent ? »

Ce lecteur s’inquiète du fait que l’argent économisé équivaut normalement à une importante part de l’épargne d’un retraité. De plus, il perçoit le prêt privé comme une entreprise à haut risque.

Il est vrai que le prêt privé n’est pas une mince affaire. D’abord, il faut disposer d’un certain montant d’argent. Aussi, il faut avoir le goût d’entreprendre les démarches nécessaires. Enfin, certains types de prêts privés sont plus recommandables que d’autres.

Voici ce qui est possible au Québec :

Le prêt à court terme

Il est question ici de petits montants (entre 500-1000 $) qui sont prêtés sans aucune garantie pour l’emprunteur. Ce type de prêt est très risqué.

Le prêt à des personnes en difficultés financières

Vous pouvez par exemple avancer de l’argent à des personnes qui ne peuvent se qualifier pour un prêt hypothécaire, comme une personne malade qui ne peut plus faire ses paiements. Ici aussi, le risque est élevé.

Le prêt-pont

Également appelé le prêt « bridge », le prêt-pont sert par exemple à des entrepreneurs qui souhaitent construire une maison ou un immeuble, mais qui doivent attendre le financement de la banque avant chaque étape de la construction.

Ce prêt est normalement garanti par les actifs de l’entrepreneur ainsi que par l’immeuble en construction. Cette option est beaucoup moins risquée que les deux premières.

Le prêt pour l’achat d’un immeuble

Dans le monde de l’immobilier, le prêt à court terme pour l’achat, la rénovation puis le refinancement avec une banque est une chose courante.

Certains immeubles se qualifient pour un prêt hypothécaire seulement lorsque certaines rénovations sont effectuées selon les directives de la banque, ou encore lorsque l’immeuble est entièrement loué. Il s’agit d’un prêt de courte durée (en général pas plus d’un an) et garanti (donc moins risqué) par une hypothèque sur l’immeuble.

Le prêt rénovation avec garantie hypothécaire

Également moins risqué, ce type de prêt à court terme est garanti en deuxième rang. Il est utile pour une personne qui possède déjà un immeuble à revenus, mais qui a besoin de quelques rénovations. Une fois ces rénovations effectuées grâce à l’argent du prêteur privé, les loyers peuvent être augmentés et la banque accepte de refinancer l’immeuble.

Conseils

  • Si vous aspirez à prêter votre argent, vous pouvez faire affaire avec un spécialiste pour analyser un projet. Vous pourrez ensuite refiler la facture du spécialiste à l’emprunteur.
  • Je recommande également de suivre une formation pour bien comprendre l’investissement immobilier, pour bien administrer votre entreprise ainsi que pour savoir analyser les opportunités. Vous amortirez probablement cette dépense dès vos premières transactions.
  • Vous ne souhaitez pas vous casser la tête ? Vous pouvez prêter votre argent à une entreprise de prêt privé. Celle-ci prêtera votre capital à des taux variant entre 12 à 15 %, en échange de quoi elle vous donnera un rendement annuel d’environ 8 % à 10 %. Encore ici, vous devez apprendre à analyser le risque. L’entreprise de prêt privé ne garantit aucun projet ni rendement.

► Ghislain Larochelle est un professionnel inscrit à l’Ordre des ingénieurs du Québec ainsi qu’à l’OACIQ.