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Zambito nie être impliqué dans les fuites à l’UPAC

Il cesse de collaborer avec l’organisation et demande des changements à sa tête

L’ancien témoin vedette de la commission Charbonneau Lino Zambito a réagi dimanche à la publication d’affidavits dans lesquels on apprend qu’il est soupçonné d’avoir coulé dans les médias des informations sur l’enquête Mâchurer de l’UPAC.
PHOTO AGENCE QMI, JOEL LEMAY L’ancien témoin vedette de la commission Charbonneau Lino Zambito a réagi dimanche à la publication d’affidavits dans lesquels on apprend qu’il est soupçonné d’avoir coulé dans les médias des informations sur l’enquête Mâchurer de l’UPAC.

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L’ex-témoin vedette de la commission Charbonneau Lino Zambito nie être à la source des fuites à l’Unité permanente anticorruption et accuse plutôt la haute direction de l’organisation de laisser filtrer des informations dans les médias.

« L’UPAC met beaucoup d’énergie à enquêter sur ses propres témoins et les lanceurs d’alerte qui les aident plutôt que sur les dénonciations que les citoyens leur font », s’est-il inquiété dimanche.

Lino Zambito, le député Guy Ouellette, l’ex-policier Richard Despatie et le policier Stéphane Bonhomme sont soupçonnés par une équipe d’enquêteurs, de l’UPAC et de cinq corps policiers, d’avoir laissé filtrer dans les médias des informations à propos de l’enquête Mâchurer sur le financement au Parti libéral. C’est ce que révèlent des affidavits rendus publics en partie jeudi dernier.

L’enquêteur Jean-Frédérick Gagnon y affirme qu’il a des raisons de croire que Lino Zambito aurait eu accès à des documents de l’UPAC puisqu’il aurait dit à des enquêteurs « qu’il avait vu la preuve [du projet Mâchurer] et que les policiers en ont en masse pour accuser Jean Charest et Marc Bibeau ».

 

Des changements

Rappelons que l’ex-premier ministre Jean Charest et l’ex-argentier du PLQ Marc Bibeau sont des sujets d’intérêt dans l’enquête Mâchurer, comme le révélait notre Bureau d’enquête le printemps dernier.

Les enquêteurs croient aussi que Zambito a été en contact avec Richard Despatie, qui aurait eu « en sa possession des informations d’enquête ».

Piqué au vif par ces révélations, Lino Zambito a annoncé dimanche qu’il cessait de collaborer aux enquêtes de l’UPAC, « jusqu’à ce qu’il y ait des changements qui soient faits à la haute direction [de l’organisation] ».

« Il faut arrêter que l’UPAC, que la clique [au commissaire Robert Lafrenière] enquête sur les fuites dans les médias. On ne peut pas enquêter sur soi-même », a-t-il lancé, laissant entendre que les fuites viendraient de la haute direction.

Bien que l’enquêteur Gagnon affirme dans les affidavits que Zambito dit avoir vu la preuve de l’enquête Mâchurer, celui-ci assure que ses dires étaient plutôt basés sur d’autres rencontres qu’il a eues avec des représentants de l’UPAC.

« En aucun moment, je n’ai eu un document de Mâchurer dans mes mains. Moi, mon souhait c’est que le dossier se rende devant les tribunaux », prétend Zambito.

Enquête indépendante

Selon lui, les affidavits sont « de la bouillie pour chat » et les théories de l’UPAC ne tiennent pas la route. Il ajoute qu’il ne connaît ni Richard Despatie ni Stéphane Bonhomme.

« Despatie serait dans la salle que je ne le reconnaîtrais même pas », a-t-il dit.

L’ex-entrepreneur réclame que le gouvernement du Québec fasse la lumière sur cette affaire en ouvrant une autre enquête qui pourrait être confiée au Bureau des enquêtes indépendantes, par exemple.

Qui est Lino Zambito?

  • Ex-vice-président de la firme Infrabec
  • Témoin à la commission Charbonneau, où il a fait plusieurs révélations-chocs sur la corruption au niveau municipal
  • Condamné à deux ans moins un jour de détention à domicile, en 2015, pour complot, fraude et corruption en lien avec des contrats publics truqués de la Ville de Boisbriand
  • Affirme qu’il collaborait avec l’UPAC comme témoin dans au moins quatre causes

Il réfute tout

« Que ce soit extrêmement clair, je ne suis pas la source que l’UPAC recherche puisque je n’ai même pas accès aux dossiers d’enquête, je n’ai pas d’information privilégiée sur les processus d’enquête. »

« Je mets au défi la haute direction de l’UPAC de trouver une preuve réelle, et non une preuve organisée, qui me lie à la fuite des documents dans Machurer. S’ils ont la moindre preuve réelle, qu’ils viennent me menotter chez moi et qu’ils m’emmènent devant la justice. »

« M. Coiteux [ministre de la Sécurité publique] devrait mettre en place dès maintenant une enquête indépendante. Il existe des ressources pour réaliser une telle enquête. Ça pourrait être le Bureau des enquêtes indépendantes ou Me Michel Bouchard, qui a fait un excellent travail au SPVM. »