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Des autobus de la STM insalubres

Des autobus de la STM insalubres
Photo 24 Heures, Zacharie Goudreault

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MONTRÉAL – L’hiver amène son lot de saletés, d'où l’importance de nettoyer de temps à autre les autobus qui transportent au quotidien des centaines de personnes.

Or, dans une vidéo obtenue par TVA Nouvelles, on peut apercevoir quelqu'un donnant un coup sur le plafond où se trouve un filtre à air. Aussitôt, il s’en dégage un nuage de poussière qui retombe au sol, là où s'assoient les passagers.

Ces images ont été tournées dans un autobus de la Société de transport de Montréal (STM), il y a environ deux semaines. L'autobus est en service depuis 2017.

D’autres photos, cette fois prises récemment dans un autobus de la ligne 747, qui fait la navette entre l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau et le centre-ville, montrent l’ampleur de l’insalubrité dans le porte-bagages où les voyageurs déposent leurs valises. Un touriste doit débourser 10 $ pour pouvoir profiter du service.

Y a-t-il un problème d’insalubrité dans les autobus de la STM? Sous le couvert de l’anonymat, de nombreux employés affirment que l’entretien ménager y est négligé et que les filtres de poussière y sont rarement nettoyés.

Le Syndicat canadien de la fonction publique, qui est préoccupé par le problème, a déclenché une enquête interne où seront justement examinés les aspects de santé et sécurité au travail, a appris TVA Nouvelles.

Réactions de la STM

«Nous n’avons pas été informés de la tenue d’une enquête du SCFP à ce sujet. Nous ne comptons pas commenter davantage le dossier, puisque la santé et la sécurité des travailleurs sont une priorité pour la STM et que cet enjeu est traité de façon paritaire, même en cette période de négociations. Des vérifications aléatoires, menées paritairement, ont d’ailleurs lieu dans chaque centre de transport pour vérifier l’état de propreté des véhicules», a réagi le responsable des affaires publiques de la STM, Philippe Déry.

Ce dernier explique que le nettoyage extérieur des bus est réalisé lors du ravitaillement, ce qui se fait quotidiennement ou aux deux jours, selon le kilométrage parcouru par le bus. À cette occasion, un nettoyage du poste de conduite du chauffeur est aussi effectué. Il est cependant évident que l’hiver, les bus se salissent plus vite avec la gadoue, les sels de déglaçage et les abrasifs, tout particulièrement lors d'un hiver rigoureux comme celui que l'on connait cette année. Le problème est toutefois d’ordre esthétique.

«Le grand nettoyage intérieur complet est effectué aux 42 jours, mais nous procédons régulièrement aussi à un nettoyage partiel, de façon ponctuelle ou selon les besoins. Ainsi, les planchers sont nettoyés plus fréquemment l’hiver», a expliqué note la STM.

Pour ce qui est des porte-bagages de la ligne 747, ils sont aussi nettoyés périodiquement. Encore là, ils se salissent plus vite l’hiver puisque les valises sont souvent couvertes de neige, de sel, de gadoue et autre.

Si un client constate que son autobus est particulièrement sale, il peut noter son numéro et la ligne et transmettre le tout à la STM.

Finalement, les filtres à air d’habitacle sont entretenus à tous les 20 000 km, selon les recommandations. Puisque leur fonction première est de capter et retenir la poussière pour assurer la qualité de l’air qui circule dans le bus, il se peut que de la poussière en émane lorsqu’un tel filtre subit un choc. Cela ne démontre pas un problème, mais plutôt qu’ils remplissent leur fonction première. Un chauffeur qui constaterait une situation problématique peut aussi le rapporter en remplissant un bon de travail pour qu’une vérification soit effectuée, a expliqué M. Déry.

Environ 377 000 déplacements sont effectués chaque jour sur le réseau d’autobus de la STM et près de 1400 véhicules sont en service quotidiennement à l’heure de pointe. Environ 2300 chauffeurs sont en poste lors d’une journée typique.