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Sommes-nous condamnés à toujours écouter la musique de nos 14 ans?

Un homme dans la trentaine qui écoute de la musique ayant été produite au tournant du millénaire.
Philippe Melbourne Dufour Un homme dans la trentaine qui écoute de la musique ayant été produite au tournant du millénaire.

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On ne renie jamais ses premières amours de jeunesse, semble-t-il. Et ce serait aussi le cas pour la musique. Du moins, les statistiques de Spotify veulent bien nous le faire croire.

Dans l’un de ses nombreux discours enflammées, Pierre Bourgault affirmait qu’il fallait toujours être fidèle à ses rêves de jeunesse. Car «ce sont les seuls», précisait-il dans toute sa clameur. 

Si, pour la moyenne des ours, bien des rêves de jeunesse se sont transformés ou ont carrément disparu avec les années, la musique des premiers émois de l’adolescence, elle, perdure.

C’est ce qu’avance Seth Stephens-Davidowitz, du New York Times, dans une recherche effectuée à partir des statistiques fournies par la plateforme Spotify.

Le point de départ de son questionnement? Il cherchait à comprendre pourquoi il avait une fixation sur l’album Born to run de Bruce Springsteen, alors que son frère détestait ce même opus du Boss.

Il a donc consulté les statistiques fournies par Spotify pour tenter d’en savoir plus. La plateforme fournit des données sur les chansons les plus écoutées selon l’âge des abonnés.

Qu’en a-t-il déduit? Pour une majorité d’hommes, les chansons les plus écoutées sont celles qui sont parues alors qu’ils avaient 14 ans. Chez les femmes, c’est autour de 13 ans.

Pour prouver ses dires, Stephens-Davidowitz prend pour exemple la pièce Creep de Radiohead. Celle-ci se retrouve en 164e position des pièces favorites des hommes de 38 ans.

Par contre, ce premier hit de Radiohead est absent des préférences des abonnés Spotify de 28 ou 48 ans.

Vous avez compris: Creep est sorti quand ces messieurs et mesdames de 38 ans avaient 13 ou 14 ans.

Certes, cette «étude» vaut ce qu’elle vaut. On ne peut y accorder bien des vertus scientifiques. Si on se fie à l’article du New York Times, beaucoup de variables n’ont pas été considérées (il aurait été intéressant, par exemple, de sonder les habitudes des mélomanes qui ne sont pas sur Spotify...).

Et Stephens-Davidowitz n’a jamais réussi à expliquer pourquoi son frère et lui ne s’entendaient pas sur les mérites de Born to run. D’autant plus que l’auteur de l’article a 35 ans... Il n’avait certainement pas 14 ans quand ce classique de Springsteen est sorti. 

Bref, les querelles intergénérationnelles entre mélomanes ne sont pas près de se terminer.

Une chose est sûre, c’est le plus souvent à l’adolescence que se forgent les goûts musicaux qui vont nous suivre pour longtemps. Pour le meilleur ou pour le pire.

Et vous? Écoutez-vous toujours la musique de vos 13 ou 14 ans?