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Sauvetage dans les montagnes

SNOWBOARD-OLY-2018-PYEONGCHANG
Photo AFP Le temps est glacial au parc Phoenix.

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PYEONGCHANG | Une médaille d’argent dans la besace, celle de Max Parrot, une médaille à venir en fin de soirée, c’était le moment de redescendre vers le sud. Lire, le MPC, le Centre de presse international.

J’étais déjà transi. Gelé. Frigorifié. Les heures passées dans la tente supposée changée avaient fait sortir en moi un vieux fond inuit.

Mais c’était rien. Dehors. Mon Dieu, dehors, c’était la Sibérie. Effectivement, le vent qui a arraché ma tuque venait de Sibérie. J’ai pensé que j’allais mourir là, entouré de jeunes Coréens qui ne comprenaient pas MPB et « bus for MPC ». Y avait des autobus partout, sauf ceux des médias.

J’ai regretté de ne pas avoir imité les deux photographes du Journal. Didier Debusschère enfile quatre couches de pantalon et cinq couches de chandails et de veste. Ben Pelosse, qui pèse 120 livres glacées, ressemble à Patrick Roy avec son ancien équipement. Il le faut, ils passent quatre heures debout dans la montagne à cliquer quand un skieur passe devant.

J’ai vu deux silhouettes habillées d’un rouge éclatant. Y a juste le Canada qui peut se permettre ce rouge fantasque. Je leur ai crié en français. Si c’était des Canadians, ils figeraient sur place. Ils sont toujours honteux de ne pas comprendre.

Pantoute ! C’était Éric Myles et Isabelle Charest. Le grand patron des sports et la chef de mission.

TOUT TOURNE ROND

J’ai eu droit à une invitation pour le MPC. Myles et Isabelle se promènent de site en site. En tant que leaders de l’équipe canadienne, ils se rendent sur place encourager les athlètes, les coachs et aussi pour saluer les parents et les amis. Hier [ou avant-hier, je ne sais plus], ils étaient au parc Phoenix pour le slopestyle et les bosses. En après-midi, ils allaient encourager les skieurs de fond.

Ils en profitent pour tâter le pouls des responsables et offrir des solutions s’il y a des problèmes urgents à régler.

À un moment donné, on a passé devant un parc à maisons mobiles. Je vous jure. Sis devant une montagne. Myles m’a expliqué que l’Autriche, très sûre de son passé olympique, avait tardé à réserver ses maisons au village olympique. Finalement, Autriche ou pas, les Coréens n’avaient plus rien quand est venu le temps de se brancher. Fait que les notables vivent dans des maisons mobiles.

« Nous, on est venus à Pyeongchang cinq ans à l’avance. On n’a pas pris de chance. On voulait être bien placés, on voulait que tout soit commode », de dire Myles.

EN ATTENDANT JUSTINE

Le Canada roule sur une belle erre d’aller. Les Jeux de Vancouver ont permis de créer une machine à ramasser de l’argent. Une machine chauffée à blanc par Marcel Aubut, l’ancien président du Comité olympique canadien. Ces millions continuent à donner des résultats. On ne gagne pas aux Jeux olympiques si des athlètes ne sont pas appuyés par une armée de spécialiste. C’est Isabelle Charest qui glissait dans la conversation que les athlètes canadiens sont parmi les mieux entourés. Surtout ceux du Québec. Pour une fois, la double taxation sert à quelque chose.

On a jasé de choses personnelles. Comme du fils d’Isabelle qui est d’âge pee-wee mais qui est le plus grand de son équipe bantam. Et du Devoir, ce sympathique journal dont Bryan Myles, le frère d’Éric, est le grand patron.

Faut que je vous dise qu’Éric trouve que Le Journal s’est beaucoup amélioré. C’est rien, ça, attendez à demain...

Et en soirée, Justine Dufour-Lapointe raflait une belle médaille d’argent. J’étais trop gelé pour même voir Mathieu Boulay...

Mais l’importante, c’est Justine. On top of the mountain, y a de la place pour deux !

Les potins de Kim JOng-Un ...et demi

PYEONGCHANG | C’est fascinant de lire les journaux publiés en anglais en Corée. Hier, dans le Korea Joongang Daily, publié en association avec le New York Times, une chronique m’a fasciné. Le journaliste s’était rendu en Corée du Nord il y a trois ans. Là-bas, on était fasciné sans le dire publiquement par une unification avec les gens « Down Under », comme ils appellent la Corée du Sud. « Les gens d’en bas ». Là où j’ai été frappé de plein fouet, c’est quand l’auteur poursuit que ce sont les politiciens de la Corée du Sud, Moon Jae-in en tête, qui parlent d’unification et qui ont initié toutes les gentillesses faites à Kim Jong-un ces derniers mois. Or, selon les statistiques, la cote de popularité de Moon a commencé à glisser au même moment. Surtout chez les jeunes qui n’en ont rien à cirer des folies du Nord. « Ce que ces jeunes veulent, et ils le clament fort, c’est faire du cash avec un Bitcoin libre de contrôle, le reste, c’est des vieilles affaires. »

J’espère que Jean-François Lisée prend de bonnes notes. Jeunes Coréens ou jeunes Québécois, ça sonne pareil...

ANNA REVA... MÉDAILLE DE BRONZE

SNOWBOARD-OLY-2018-PYEONGCHANG
Photo courtoisie

 

Yulia Galysheva, jeune bosseuse kazakhe, a remporté une médaille de bronze, tout juste derrière Justine Dufour-Lapointe. Peut-être que les fans de Justine espéraient l’or et étaient un tout petit peu déçus mais l’argent aux Jeux, c’est gros. Même le bronze, soit dit en passant. Hier, Anna Reva, la femme d’affaires et gérante de boxeurs kazakh, malgré la fatigue d’une longue soirée à Shawinigan, célébrait la médaille de sa compatriote. D’ailleurs, elle et ses boxeurs suivent avec assiduité les Jeux de Pyeongchang. On leur pardonnera de prendre pour le Kazakhstan.

LA VRAIE ACCRÉDITATION

La vraie accréditation sur la planète, c’est celle du CH. Juste pour voir comment ça se passerait, je me suis promené un après-midi avec une vieille accréditation du Canadien. Dans certaines rues contrôlées, on m’arrêtait évidemment. Je souriais et je montrais ma passe du CH. En ajoutant trois mots : Canadian Embassy. Canada. Ç’a marché pendant une bonne demi-heure. Je suis finalement tombé sur un policier qui devait être un fefan. Il a dit quelque chose qui devait ressembler à : « Vous avez pas honte de vous promener avec ça. Y feront même pas les playoffs !!! ».

Ben non... j’ai rien compris mais y avait pas l’air content. Comme un fefan.

J’ai sorti la vraie...