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Un remorqueur poursuit la SQ qui ne l’appelle plus

remorqueur fâché
Photo Caroline Lepage Jean-Marc Lepage
Propriétaire

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DRUMMONDVILLE | Un remorqueur qui travaille au Centre-du-Québec depuis 48 ans poursuit la Sûreté du Québec parce que les policiers ne font plus appel à lui lorsqu’il y a des accidents.

Le Groupe Lepage et Fils, et d’autres remorqueurs de la région de Drummondville, ont signé un contrat avec la SQ qui devait les appeler à tour de rôle lorsqu’il y a des collisions.

Or, le propriétaire du Groupe Lepage, Jean-Marc Lepage, a été suspendu par la SQ à deux reprises en 2016 et en 2017 pour des périodes de deux et six mois. Le contrat a été définitivement rompu en juillet 2017.

Prix exagéré

La SQ lui reproche notamment d’avoir tenté d’exiger un prix exagéré pour un dépannage et d’avoir menacé un client de le « couper en deux ».

« En raison de la gravité des propos rapportés, la SQ a mené une enquête [...] nous estimons que le lien de confiance établi avec la SQ est rompu », a signifié au Groupe Lepage le 25 juillet dernier le capitaine Robert Léveillé, mettant ainsi fin à leur collaboration.

Or, aucune accusation criminelle de menace n’a été portée contre M. Lepage, qui aurait bien aimé que la SQ lui demande sa version des faits.

Le Groupe Lepage poursuit donc la SQ pour 153 000 $, mais ce montant devrait être revu à la hausse, précise son avocat Me Jean-François Houle.

Contestation

Le propriétaire Jean-Marc Lepage nie les allégations de la SQ.

Un procès prévu au cours des prochains mois au palais de justice de Drummondville donnera la parole aux témoins impliqués.

Jusqu’à tout récemment, le remorqueur avait espoir d’avoir à nouveau des appels de la police, ce que la juge Lise Matteau lui a refusé le 10 janvier dernier, ne voulant pas statuer avant le procès sur le fond de la cause.

Privé de ces revenus, Jean-Marc Lepage a mis son commerce à vendre après 48 ans de remorquage.

« Avant, le téléphone ne dérougissait pas. Là, on n’a plus rien à part quelques appels de clients réguliers », a dit hier Mélanie Gauthier, la secrétaire qui s’est retrouvée au chômage à la suite du litige.