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Barrette dégriffé

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Plusieurs ont été surpris en entendant Gaétan Barrette affirmer que ses réformes étaient terminées.

Le système de santé se serait-il rapproché de la perfection au point où la vieille promesse de Jean Charest d’éliminer l’attente serait enfin respectée ? Bien sûr que non.

N’empêche qu’après plus de trois ans de nouvelles lois imposées et de règlements poussés dans la gorge des intervenants, il est à propos d’en finir avec le brassage de structures pour se consacrer à ce dont notre système de santé a vraiment besoin. Il faut s’assurer que les réformes implantées favorisent bel et bien un meilleur accès aux soins.

Peaufinage

Le ministre est tout miel depuis qu’on lui a expliqué qu’il est devenu une cible mouvante retenant l’attention tant de l’opposition que des groupes de pression et du commentariat. Fini le gros œuvre, pour le tumultueux Dr Barrette, l’heure serait maintenant au peaufinage.

C’est au moment d’exposer quels étaient ses nouveaux dossiers prioritaires que le médecin-politicien aura créé le moment le plus cocasse de cette année politique encore jeune. « Je vais vous en nommer un qui est très important pour moi, même le plus important d’entre tous, qui est la situation des infirmières. »

Entendez-vous ce bruit de déglutition ? C’est la couleuvre qui vient de passer dans l’œsophage du ministre de la Santé.

Chat de ruelle

C’est quand même ahurissant d’avoir choisi de dégriffer ce politicien combatif comme un chat de ruelle au moment même où on aurait eu besoin de son front de bœuf pour appliquer aux médecins les sanctions que ses réformes leur avaient promises. Philippe Couillard a plutôt envoyé son tonitruant ministre en thérapie de gestion de la colère auprès des douces infirmières.

On apprenait hier qu’on aurait finalement accordé une (autre) bonification aux salaires des spécialistes, d’une somme de 500 millions.

Ça valait bien la peine d’humilier Gaétan Barrette si c’était, de toute façon, pour continuer à nourrir l’image de la doctorocratie libérale.