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Dernier droit avant l'élection : l’ambitieux pari de Philippe Couillard

Le premier ministre Philippe Couillard
Photo d'archives Simon Clark

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Avec cette première chronique, je me joins à l’équipe des Spin Doctors. Au fil des semaines, je vous ferai part de ma vision des différents enjeux politiques en toute franchise et en toute ouverture. Je partagerai avec vous mes coups de gueule et mes opinions. J’espère qu’ils sauront éclairer vos réflexions.

Cette année, nous vivrons notre première élection à date fixe. À 7 mois et demi du jour du scrutin, le Québec est pratiquement déjà en campagne électorale. Les annonces fusent de toutes parts et les partis d’opposition se frottent les mains au moment de préparer les périodes de questions à l’Assemblée nationale.

Les échanges au Salon bleu deviendront de plus en plus acrimonieux au cours des prochaines semaines. C’est toujours ainsi quand ça sent les élections. Comme chez les animaux, chacun des chefs va tenter de prendre la place du plus puissant, de devenir le nouveau roi de la jungle.

Orienter le débat

Au terme d’un premier mandat majoritaire marqué à la fois par l’austérité et par la prospérité, Philippe Couillard semble bien décidé à conserver sa place de premier ministre. Il sollicite un second mandat qu’il souhaite, évidemment, majoritaire. Déjà, dans les rencontres avec ses militants, il tente de galvaniser les troupes et d’orienter le débat des prochains mois. Il insiste sur son bilan, mais met aussi la table pour les annonces qu’il prévoit avant l’élection.

Nul besoin de revenir sur l’image, bien maladroite, qu’il a employée pour expliquer l’annonce de baisses d’impôts pour comprendre que Philippe Couillard espère contrôler le message et inviter ses militants à répondre à celles et ceux qui pourraient avoir envie de changer de premier ministre. Quand on a passé près de trois ans à serrer les cordons de la bourse, c’est bien difficile de les délier sans se faire accuser d’avoir gardé des cadeaux pour séduire les citoyens pendant l’année électorale.

Pourtant, c’est surtout en raison de la croissance économique que le gouvernement peut « retourner de l’argent dans les poches des Québécois ». Et cette croissance, on la doit, du moins en partie, à la saine gestion des dépenses publiques et à la création d’emplois. À cet égard, le Parti libéral peut d’ores et déjà se vanter d’avoir tenu sa promesse de créer 250 000 emplois en cours de mandat, un objectif pratiquement atteint.

L’envers de la médaille

Or cette croissance n’a pas que des avantages. Un faible taux de chômage, c’est toujours une bonne nouvelle... à première vue. Toutefois, quand on dépasse le plafond du plein emploi et qu’on peine à trouver des employés pour occuper des postes essentiels, on risque d’essouffler les entrepreneurs et de voir certains d’entre eux obligés de fermer boutique.

Malgré cet état de fait, le premier ministre Couillard doit trouver une façon de séduire toute une tranche de la population, les 20-35 ans, qui sont en train de révolutionner le marché du travail. Ces jeunes électeurs ont des aspirations différentes de ceux qui constituent habituellement la « base » libérale. Ils veulent des horaires flexibles, une plus grande liberté dans leurs tâches et des avantages sociaux qui favorisent leur qualité de vie avant tout.

Devant ses militants, Philippe Couillard dévoile déjà l’angle qu’il a choisi pour la campagne qui s’annonce. Les libéraux vont vouloir offrir une meilleure qualité de vie aux Québécois. Cette volonté se fait déjà sentir, notamment avec l’annonce de l’étalement des congés parentaux et l’engagement du gouvernement dans des projets visant à diminuer les irritants liés aux transports (tramway à Québec, REM à Montréal).

La cible idéale

Contrairement aux partis d’opposition, le gouvernement Couillard n’aura pas le loisir de se consacrer uniquement à sa campagne. Il devra aussi poursuivre la gestion de la province au jour le jour. Pendant qu’il gouvernera, ses adversaires auront les coudées franches pour remettre en question chacun de ses faits et gestes. Au Salon bleu, il n’y a que le gouvernement qui doit rendre des comptes. Il ne faut pas être surpris de voir les oppositions faire feu de tout bois dans les prochaines semaines. Prédisons que les sujets les plus souvent traités concerneront principalement la santé, la famille, l’éducation et les aînés.

Qui est Marie-Eve Doyon

Relationniste depuis près de 20 ans, Marie-Eve Doyon s’intéresse à la politique depuis plusieurs années. Elle a été tour à tour conseillère politique puis attachée de presse au sein des cabinets de Diane Leblanc, Carole Théberge, Michelle Courchesne et Dominique Vien de 2004 à 2010. En 2012, elle a fondé sa propre entreprise de services-conseils en communication, MEDia Relations Publiques.