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Haut comme trois pommes

Mikael Kingsbury a remporté la médaille d'or à l'épreuve de bosses.
Photo Didier Debusschère Mikael Kingsbury a remporté la médaille d'or à l'épreuve de bosses.

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SAINT-SAUVEUR | « Moi mes souliers ont beaucoup voyagé », chantait Félix Leclerc dans les années 1950. Ces paroles s’appliquent à merveille aux bottes de Mikaël Kingsbury.

Avant de voyager à travers le monde, de soulever six globes de cristal, de remporter 48 victoires en Coupe du monde et de décrocher deux médailles olympiques, elles grimpaient à répétition la piste 70 en bordure du champ de bosses du mont Saint-Sauveur.

Âgé d’à peine huit ans, le chaleureux petit bonhomme à la bouille joyeuse passait ses hivers et printemps à dévaler la piste et à sauter sous les yeux attentifs de ses premiers entraîneurs, Olivier Laprade et Julien Allard. Dès lors, ceux-ci savaient qu’ils tenaient un véritable joyau. Ils l’ont entraîné durant environ quatre ans.

Julien Allard était l'un des deux premiers entraîneurs de Mikaël Kingsbury. Quand il le voit avec la médaille d'or au cou, il ne peut qu'être fier de l'athlète qu'il est devenu en réalisant son rêve.
Photo François-David Rouleau
Julien Allard était l'un des deux premiers entraîneurs de Mikaël Kingsbury. Quand il le voit avec la médaille d'or au cou, il ne peut qu'être fier de l'athlète qu'il est devenu en réalisant son rêve.

« C’était un naturel, un passionné et un travaillant. Si on ne le sortait pas de la pente, il pouvait y passer la nuit, se remémore Julien Allard. Il mangeait du ski. Je ne veux même pas savoir le nombre de fois qu’il a monté la piste à pied. On n’est même pas capable de le compter en kilomètres.

« Dans son regard, il y avait quelque chose, poursuit-il. Plus on lui en donnait, plus il en prenait. Il repoussait sans cesse ses limites et il était toujours dominant.

Haut comme trois pommes, Mikaël Kingsbury mangeait du ski. Il dévalait les bosses du Mont Saint-Sauveur.
Photo courtoisie Famille Kingsbury
Haut comme trois pommes, Mikaël Kingsbury mangeait du ski. Il dévalait les bosses du Mont Saint-Sauveur.

« Je le vois aujourd’hui avec sa médaille d’or, je me dis que nous n’avons pas manqué notre coup. Je suis tellement content pour lui, témoigne l’ancien entraîneur de ski acrobatique. Il a réalisé son rêve. Il a gagné ce qu’il méritait. »

Mikael Kingsbury a remporté la médaille d'or à l'épreuve de bosses.
Photo Didier Debusschère

Inspiration

En consultant le palmarès des bosseuses et bosseurs qui ont dévalé les pistes des stations de la Vallée de Saint-Sauveur, on ne peut s’empêcher d’y voir une pépinière de talents.

Les Jean-Luc Brassard, Alex Bilodeau, les sœurs Dufour-Lapointe et Kingsbury ont cheminé dans leur discipline en passant par l’un des sommets de la Vallée. La coupe Saint-Sauveur, remise aux gagnants de la compétition printanière de bosses, affiche neuf médaillés olympiques, dont six d’or. Kingsbury l’a gagnée trois fois.

Plus jeune, Mikaël Kingsbury rêvait de suivre les traces d'Alex Bilodeau et Jean-Luc Brassard. Il les côtoyait régulièrement au Mont Saint-Sauveur.
Photo courtoisie Famille Kingsbury
Plus jeune, Mikaël Kingsbury rêvait de suivre les traces d'Alex Bilodeau et Jean-Luc Brassard. Il les côtoyait régulièrement au Mont Saint-Sauveur.

« Mikaël est une véritable inspiration, affirme Louis Dufour, le fondateur de l’entreprise familiale, fier du skieur de 25 ans. Nous l’avons vu évoluer. Il a passé sa vie ici. Les jeunes athlètes peuvent rêver en le voyant. »

Il faut observer les bosses de la 70, un joyau haut comme trois pommes rêvant de suivre les traces des grands s’y trouve sûrement.