/news/politics
Navigation

Lettre ouverte de Caroline St-Hilaire à Valérie Plante: «Assume tes décisions, c'est toi la mairesse maintenant!»

Coup d'oeil sur cet article

Chère Valérie,

Permets-moi de t’appeler Valérie et même de te tutoyer parce que si on se rencontrait, je suis persuadée que c’est ce qu’on ferait spontanément!

Certains disent que la solidarité féminine est importante; j’en suis. Cependant, cette solidarité ne peut être synonyme de complaisance. Elle doit être cette volonté de voir l’autre réussir même si des fois la critique s'invite... Valérie, le 4 novembre 2017, j’ai sincèrement souhaité ton succès! Et ce, même si tu venais de gagner contre un homme pour qui j’ai beaucoup de respect. Mais je t’avoue qu’au terme de tes 100 premiers jours à la tête de Montréal, j’ai certaines inquiétudes. Ainsi, en toute honnêteté et solidarité, je me permets de t’en parler.

Je peux parfaitement comprendre que depuis ton arrivée en poste, tu fais des découvertes désagréables, que finalement les mauvaises surprises sont plus souvent dans ton quotidien que tu ne l’espérais. Or, de ma perspective, tu sembles avoir oublié de mettre la population de ton bord. Tu me donnes l’impression d’avoir pensé que le mandat fort que t’a donné la population de Montréal te donnait carte blanche. Erreur.

Il faut revenir rapidement au cœur du sens de ton engagement politique, à la transparence, à la franchise et surtout, il faut que tu assumes tes décisions. C’est toi la mairesse maintenant!

Je sais que je ne suis pas dans tes souliers; mais je ne pense pas me tromper en disant que nous étions nombreux au lendemain de ton élection à nourrir des espoirs. J’ai vraiment cru que ta joie de vivre allait contribuer à atténuer le climat de cynisme qui ronge notre vie politique. Une fois à la tête de la plus grande ville du Québec, j’espérais te voir montrer le chemin lumineux de la politique. Pas celui des promesses brisées ou celui des clichés éprouvés... J’ai pensé que tu allais contribuer à redonner des lettres de noblesse à cette vocation qui est si dévaluée aujourd’hui!

La politique, c’est comme une course de fond; c’est impossible de tricher, les citoyens finissent toujours par tout voir... Et la bonne nouvelle, c’est que tu es une bonne coureuse de fond! Alors, il y a de l’espoir. Mais, une petite mise en garde cependant: un mandat avec des maires des villes liées mécontents, ça use, crois-moi... :-)

Ceci dit, c’est dommage, mais c’est toujours plus grave quand une fille fait des erreurs. On l’attaque plus spontanément et on remet plus facilement en question sa légitimité, voire sa compétence. C’est injuste, tu le sais et je le sais! Alors, assume mieux tes décisions, et permets-toi de te tromper. Mais sois toujours franche avec toi-même et avec ceux et celles qui t’ont fait confiance.

Et dernier truc: le plus important: continue de courir et ne laisse jamais la politique te pourrir la vie. Prends soin de toi et bonne chance pour la suite de Montréal.

Caroline St-Hilaire