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Ne pas écouter Jean-Luc Brassard

Jean-Luc Brassard
Photo d’archives Jean-Luc Brassard a perdu la foi.

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PYEONGCHANG | Mikael Kingsbury est entré dans la légende. Encore plus, il a surpassé les légendes que furent Jean-Luc Brassard et Alexandre Bilodeau, tous deux médaillés d’or en bosses.

Pourquoi il les a dépassés ? Parce qu’il a dominé la course comme jamais personne ne l’a fait dans le passé. Comme il avait dominé la saison comme jamais avant. Il n’a pas dévalé la pente bossue, il l’a survolée. Un artiste.

Alexandre Bilodeau avait été plus émouvant à Vancouver avec son petit frère. Mais il n’avait pas été aussi royal. Mais peut-être que la compétition ne l’y avait pas obligé. On ne saura jamais.

Maintenant, j’espère que Mikael va profiter de sa joie et de sa gloire comme un jeune de 25 ans et qu’il n’écoutera pas trop les propos de Jean-Luc Brassard, aujourd’hui analyste à Radio-Canada.

Brassard a donné une longue entrevue à Benoît Dutrisac, il y a quelques semaines. Certes, on peut dire que Brassard a été lucide devant la goinfrerie du CIO à vendre ses Jeux à coups de milliards. Mais à l’écouter, on dirait que le reste de la planète est dans le brouillard. Complètement ignorante. Allume, Jean-Luc, le monde savait que la Russie envahissait la Crimée et que les droits des homosexuels étaient bafoués. Le monde sait qu’il y a un dictateur de pacotille à 80 kilomètres des Jeux. Le monde n’est pas cave. Mais le monde aime les Jeux olympiques ce qui ne rend pas le monde stupide pour autant.

À la fin, Brassard répond qu’avec ce qu’il sait aujourd’hui, il ne s’élancerait pas du haut de la pente pour les Jeux. Il a perdu la foi.

C’est correct, on peut être agnostique et être une bonne personne. Mais alors, il fait quoi à Pyeongchang ?

Mais je sais qu’avoir 25 ans et gagner une médaille d’or comme Mikael Kingsbury l’a fait, c’est un exploit à savourer, à déguster, à chérir.

Oui, les Jeux sont mercantiles. Oui, les grosses compagnies s’en servent pour vendre leurs gugusses. Oui, les politiciens en profitent pour se faire du capital.

Mais on s’en fout totalement pendant une minute. Le jeune était debout, seul, en haut d’une piste épeurante pour quiconque d’autre. Il a plongé, il a skié comme un dieu. Il a gagné.

Qu’il tripe à fond. Que les grincheux lui laissent au moins une journée pour fêter.