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Association étudiante de l’Université McGill: une politique sur les violences sexuelles dès cet automne

À gauche: Caitlin Salvino, coordonnatrice du projet de politique sur les violences sexuelles. À droite: Connor Spencer, vice-présidente des affaires externes de l'AÉUM.
Nadia Lemieux / 24h À gauche: Caitlin Salvino, coordonnatrice du projet de politique sur les violences sexuelles. À droite: Connor Spencer, vice-présidente des affaires externes de l'AÉUM.

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L’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) adoptera dès la session d’automne 2018 une politique sur les violences sexuelles, devenant l’une des premières associations étudiantes canadiennes à agir de la sorte.

L’AÉUM vivait au printemps 2017 un scandale alors que le vice-président aux affaires externes David Aird quittait son poste sous la pression d’un groupe d’étudiantes ayant subi des violences sexuelles de sa part.

Une quinzaine de survivantes avaient dû témoigner publiquement et exiger la démission de David Aird, relate la vice-présidente actuelle des affaires externes, Connor Spencer.

Aucun mécanisme n’est en place pour discipliner un membre de l’association étudiante en position de pouvoir qui perpétue des violences sexuelles, déplore-t-elle. L’Université McGill elle-même ne possède pas la juridiction de retirer un membre de l’exécutif de ses fonctions puisque l’AÉUM est une corporation à part.

Dans la foulée de ces événements, un nouveau conseil exécutif s’est formé, avec comme mandat, d’adopter une politique sur les violences sexuelles.

«Conflit d’intérêts»

Les survivantes d’actes de violence sexuelle ayant mené à la démission de David Aird ont critiqué le fait que l’affaire Aird ait été prise en charge par le comité exécutif lui-même. «C’est bizarre que l’exécutif fasse la politique qui va sanctionner les membres de l’exécutif. C’est un conflit d’intérêts», a dit Mme Spencer.

Le nouveau conseil exécutif a donc embauché Caitlin Salvino comme coordonnatrice du projet de politique sur les violences sexuelles. En poste depuis janvier, elle organise des consultations avec différents organes de l’Université. Le 31 mai prochain, elle déposera l’ébauche de la politique ainsi qu’un rapport sur les violences sexuelles sur le campus.

«Ce sera une politique holistique, a-t-elle précisé. Ce ne sera pas seulement de la discipline, mais aussi de la prévention et du support.»

L’AÉUM formera ainsi tous ses employés et bénévoles sur la marche à suivre pour les victimes d’actes de violence sexuelle.

La politique donnera également à l’AÉUM la juridiction de retirer de ses fonctions tout employé du SSMU et des 200 clubs associés ayant commis des actes de violence sexuelle.