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Côte-Nord: atteints de troubles alimentaires, ils racontent leur souffrance

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Les personnes souffrant de troubles alimentaires ont besoin de soutien et de ressources adaptées à leur condition particulière. Mais dans certaines régions, comme la Côte-Nord, ces ressources sont très limitées.  

Deux personnes ont témoigné de leur expérience.

Nelly Bouchard a commencé à souffrir d’anorexie à l’adolescence. Elle croyait adopter de saines habitudes en commençant à s’entraîner et à diminuer ses repas.

«Mes repas, c’était des légumes, tout le temps. Je m’entraînais, donc je dépensais plus que ce que je mangeais. Les gens commençaient à me dire que c’était trop intense. Moi, je ne voyais pas ça. Je marchais sur la plage et je voyais du monde parler dans mon dos. Moi, je pensais qu’ils me trouvaient grosse. Mais j’étais à 72 livres», a raconté la jeune femme en entrevue.

Elle mentait à son entourage, à sa mère, à ses médecins pour cacher son anorexie.

«Je m’étais fait diagnostiquer un TDA pour prendre des pilules. Je disais qu’elles me coupaient l’appétit. Ma mère disait: OK. Les gens s’en rendaient compte, mais j’avais toujours des bonnes excuses.»

Affaiblie et incapable de marcher, elle a été admise à l’hôpital Sainte-Justine de Montréal pour un séjour de 10 semaines. Elle a par la suite connu un deuxième épisode difficile qui l’a conduit en psychiatrie à Québec.

Aujourd’hui installée à Montréal pour ses études, elle se porte beaucoup mieux.

Hyperphagie boulimique

Jean Lévesque, lui, souffre d’hyperphagie boulimique depuis qu’il est enfant.

«C’est des rages de bouffe, beaucoup d’ingestion de nourriture, mais la différence avec la boulimie, c’est qu’il n’y a pas de technique compensatoire. Je n’aurai pas recours aux vomissements ou aux laxatifs. J’ai été obèse une partie de ma vie. J’ai développé un diabète de type 2. C’est vraiment de grandes quantités de nourriture qui épuisent mon pancréas.»

Il a fait partie de groupes de discussion de l’organisme Eki-Lib santé qui offre un soutien aux personnes souffrant de troubles alimentaires sur la Côte-Nord. Mais il constate l’absence de ressources spécialisées dans ce domaine dans le réseau de la santé de la région.

«Je traite autre chose. J’ai un psychiatre dans mon cheminement. Ici, sur la Côte-Nord, il n’y a pas de spécialistes, de psychologues spécialisés en trouble du comportement alimentaire. Il faut aller dans les grands centres. En ce moment, je travaille avec une intervenante psychosociale, à gérer l’anxiété.»

Jean Lévesque et Nelly Bouchard ont livré leur témoignage notamment pour inciter les personnes qui pensent souffrir de troubles alimentaires à demander de l’aide, malgré les ressources limitées sur la Côte-Nord.