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Eugenie Pétard (euh, je veux dire Bouchard)

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Dieu existe, j’en ai maintenant la preuve.

Avez-vous vu les photos d’Eugenie Bouchard dans le dernier numéro du Sports Illustrated Swimsuits Issue ?

Elle a troqué son bikini pour de la soie dentaire. Ma-gni-fi-que.

L’année dernière, à pareille date, Genie se faisait varloper sur les médias sociaux pour s’être ainsi dévêtue.

Comme si le fait d’avoir un QS (quotient sexy) élevé signifiait qu’on avait un QI (quotient intellectuel) diminué.

J’avais d’ailleurs pris sa défense dans Le Journal... et aujour­d’hui, je pourrais reprendre le même texte mot à mot.

« Oui, Mesdames et Messieurs, une femme libre qui est contente de se mettre à nu devant un photographe et qui ne crie pas à l’exploitation du patriarcat ! Je sais, c’est rare de nos jours. »

Ce que j’adore d’Eugenie, c’est qu’elle persiste et signe. Comme si elle disait : « L’année dernière, vous m’avez trouvée trop dévêtue ? Cette année, je me dévêts encore plus ». Comme un gros f... you aux donneuses de leçons.

Quand des féministes estiment que c’est fâchant pour les petites filles de voir des femmes nues peintes par les plus grands artistes sur les murs des musées, c’est rafraîchissant de voir qu’il y a encore des femmes qui ne voient pas dans la (quasi) nudité un scandale inouï.

Tiens, d’ailleurs, avez-vous lu les âneries avancées par notre ex-première ministre Kim Campbell ? Elle considère que des journalistes et chefs d’antenne qui se montrent les bras nus ne sont pas... crédibles. Elle trouve même que se montrer les bras, c’est « dégradant » (« demeaning ») pour les femmes.

Elle l’a écrit sur Twitter, citant un coach de conférences publiques américain qui affirme que « si vous vous présentez devant nous en montrant votre peau, nous allons penser à votre corps ». (N’est-ce pas exactement ce que disent ceux qui demandent aux femmes de se cacher derrière une burqa, une abaya, un hijab, un tchador, etc. ?)

Kim Campbell a écrit sur Twitter : « Cela me frappe qu’il y ait autant de femmes aux nouvelles télévisées qui portent des robes sans manches – souvent à côté d’hommes en costume ».

Youhou Kim, on est en 2018, les femmes peuvent porter ce qu’elles veulent. Hashtag #meletoidetesaffaires et hashtag #nemedispascommentmhabiller.

C’est fou le nombre de femmes supposément progressistes qui pensent exactement comme les plus rétrogrades des ayatollahs dans le fond du désert.

CACHEZ CETTE CHEF D’ANTENNE

Quand les femmes ont commencé en information, elles portaient toutes des vestons. Elles s’habillaient « comme les hommes ». Maintenant, on est rendu plus loin que ça. On peut affirmer sa féminité sans que ça mine notre crédibilité. Pas besoin de s’accoutrer comme Chantal Hébert pour être prises au sérieux, j’espère.

Sérieusement, pensez-vous que Julie Marcoux, qui s’entraîne assidûment et qui a les plus beaux bras de la télévision québécoise, devrait se faire rabrouer parce qu’elle porte des manches courtes qui la mettent en valeur ?

Ça va être quoi la prochaine lubie ? Dénoncer les chefs d’antenne qui sont en jupe ?

La pudibonderie et le puritanisme de mon époque ne cesseront jamais de me surprendre.