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Une caméra dans votre bureau, Madame Chabot?

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Ainsi, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) dénonce le règlement concernant l’utilisation de caméras de surveillance dans les CHSLD.

« On dénonce le fait qu’on fasse reposer sur le dos des usagers et de leurs familles le soin de veiller à la qualité des soins, de dire Louise Chabot, présidente de la CSQ.

« Les caméras de surveillance, on n’a rien contre, mais je vous dirais qu’on devrait les mettre dans certains bureaux : le bureau du ministre Barrette et le bureau des gestionnaires... »

LES CITOYENS D’ABORD !

Pourquoi ne pas installer des caméras dans le bureau des dirigeants syndicaux, Madame Chabot ?

J’aimerais ça, moi, entendre les discussions des chefs syndicaux quand l’un de leurs membres se fait pincer à maltraiter un vieux, à dormir dans un camion de la Ville, à conduire une déneigeuse ou un autobus scolaire complètement paf, à plonger une handicapée dans un bain d’eau bouillante ou à procéder à une fouille à nu dans une école.

Qu’est-ce qu’ils disent ?

Pensent-ils à protéger le public ou à protéger leurs membres ?

Qu’est-ce qui leur tient le plus à cœur ? La sécurité des citoyens, comme ils ne cessent de le répéter (surtout en période de négociation), ou l’état de leurs finances ?

Je suis peut-être bizarre, Madame Chabot, mais je me dis que si les syndicats avaient vraiment l’intérêt des citoyens à cœur, ils auraient accueilli l’arrivée des caméras de surveillance avec enthousiasme.

Mieux : ce sont eux qui auraient eu l’idée !

Ils n’auraient pas attendu que les cas de maltraitance se multiplient dans les CHSLD, que la population fasse pression auprès de la ministre responsable des Aînés et que le gouvernement s’en mêle, non, ils auraient pris les devants !

Ils auraient été proactifs !

PROTÉGER LES DÉLINQUANTS

Je comprends que la mission première d’un syndicat soit de protéger ses membres.

Mais à quel prix ?

Prenez le cas de monsieur Bob Habib.

En 2013, monsieur Habib a voulu installer deux caméras vidéo dans la chambre de sa mère qui souffrait de la maladie de Parkinson et qui était en phase terminale.

Pas pour surveiller les préposés, mais pour s’assurer que sa mère (qui avait de la difficulté à communiquer et à se mouvoir) se portait bien.

Eh bien, le syndicat des employés du CHSLD s’est opposé à l’installation de ces caméras.

Par « principe ».

Quand le gouvernement a commencé à jongler avec l’idée de permettre l’installation de caméras dans les chambres de CHSLD, Daniel Boyer, président de la FTQ, a dit que les intentions du gouvernement « donnent l’impression que l’ensemble des préposés sont délinquants ».

Encore les grandes envolées lyriques !

Personne ne croit que tous les préposés sont délinquants, Monsieur Boyer. Mais certains le sont, malheureusement. Le nier est de l’aveuglement. Or, qu’est-ce qui est le plus important ? Protéger les bénéficiaires vulnérables contre ces préposés sans cœur ou protéger les pommes pourries qui entachent l’image de votre profession – et, par le fait même, de votre organisation ?

Il me semble que si j’étais consciencieux et que je faisais bien mon travail, je voudrais que le tata qui maltraite ses patients se fasse pincer et perde sa job.