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Hausse des retards des trains de banlieue: un recours collectif envisageable

Hausse des retards des trains de banlieue: un recours collectif envisageable
ZACHARIE GOUDREAULT / 24H

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Un recours collectif pour réclamer un dédommagement pour les usagers des trains de banlieue relativement aux retards et aux annulations subis depuis le début de l’année est «plausible», estime un organisme de défense des droits des usagers du transport en commun.

«C’est une situation qui pourrait survenir. [...] C’est plausible. Il suffit qu’un citoyen décide de le faire», a déclaré le président de Trajectoire Québec, François Pépin.

Le directeur du même organisme, Philippe Cousineau Morin, demande au Réseau de transport métropolitain (RTM) de mettre en place une politique de compensation permettant aux usagers d’être dédommagés lorsque des retards de service majeurs affectent le réseau.

«Ce ne serait pas à chaque retard, mais si on avait trois jours en ligne de retards, la compensation s’appliquerait», a-t-il détaillé jeudi, soulignant qu’une telle mesure, qui n’est actuellement pas dans les plans du RTM, réduirait les risques d’un éventuel recours collectif.

«Rien à l’horizon»

En 2009, un groupe de citoyens avait intenté un recours collectif contre l’Agence métropolitaine de transport, devenue le RTM l’an dernier, à la suite de nombreux retards et pannes de trains les deux premiers mois de l’année. En 2014, l’AMT avait déboursé plusieurs centaines de milliers de dollars pour dédommager des milliers d’usagers.

«On n’a rien sur notre horizon immédiat», a toutefois indiqué Me Normand Painchaud, qui avait agi comme procureur de cette action collective.

Selon l’avocat, les retards des dernières semaines ne peuvent d’ailleurs pas être comparés à la situation «horrible» vécue en 2009. Actuellement, «il y a une problématique moins groupée, c’est plus étalé [dans le temps] et on semble plus blâmer la météo», note-t-il.

Cible à respecter

En date du 24 janvier dernier, la ponctualité moyenne du réseau était d’environ 79 %, soit 16 % sous la cible de ponctualité que se donne le RTM, qui est de 95 %. «Les données de janvier sont très alarmantes», a réagi M. Cousineau Morin.

«C’est bien beau d’avoir une cible, mais il n’y a pas de contraintes, pas de pénalités au niveau des dirigeants [si elle n’est pas respectée]», a déploré le député provincial de Deux-Montagnes, Benoit Charette.

Le taux de ponctualité de la ligne de Deux-Montagnes, où plusieurs trains ont été retardés mercredi en raison de problèmes mécaniques, n’a atteint que 69,5 % la semaine dernière. C’est également sur cette ligne que près du tiers des annulations de départ ont eu lieu l’an dernier.

«Ma crainte, c’est qu’on laisse la ligne de Deux-Montagnes se détériorer. Ce sont les passagers qui vont en payer le prix», a laissé tomber M. Charette.

 

Les trains annulés par ligne (2016 / 2017):

Deux-Montagnes 13 / 41

Mont-Saint-Hilaire 1 / 17

Mascouche 3 / 7

Candiac 12 / 10

Vaudreuil-Hudson 17 / 23

Saint-Jérôme 21 / 29

Total 67 / 127