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La pop n’est pas la seule musique

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Fait rarissime, aux Jeux de Pyeongchang, les patineurs canadiens Kirsten Moore-Towers et Michael Marinaro ont exécuté leur performance au son de la pièce Un ange passe, une composition d’Alain Lefèvre, un artiste que les Québécois connaissent surtout comme pianiste.

Si je qualifie l’événement de « rarissime », c’est que la plupart des patineurs artistiques choisissent des musiques classiques éculées qu’on a entendues mille fois. Ou des musiques pop, américaines ou britanniques. Tout ce qu’il y a de plus convenu.

Kirsten (médaille d’argent à Sotchi) et Michael, deux Ontariens de souche, mériteraient une médaille juste pour avoir osé sortir des sentiers battus. Du coup, ils ont fait connaître à travers le monde une pièce qu’Alain Lefèvre avait composée à la suite de la mort de son père.

Juste retour des choses

Ce n’est que justice pour Alain. Les mélomanes savent l’acharnement dont il a fait preuve pour sortir des boules à mites la musique du pianiste prodige André Mathieu. Si ce dernier, mort à 39 ans, a sombré dans l’alcool, c’est en partie parce que les Québécois de son temps n’étaient guère intéressés à sa musique, préférant comme ceux d’aujourd’hui la musique pop.

Avant Alain Lefèvre, Vic Vogel avait eu, lui aussi, la bonne idée de faire jouer la musique de Mathieu. C’était aux Olympiques de Montréal en 1976. Vogel, que les téléspectateurs d’un certain âge connaissent bien tellement il était de toutes les séries télévisées, fut toujours le défenseur des musiciens du Québec. Ses arrangements des œuvres d’Oscar Peterson sont incontournables. Ce sont d’ailleurs ces arrangements qu’on a utilisés, vendredi soir dernier, au Conservatoire de musique, rue Henri-Julien.

Pourquoi pas au Centre Bell ?

Une vingtaine de musiciens rendaient alors hommage à Oscar Peterson, Maynard Ferguson et Nick Ayoub, trois grandes figures du jazz. Dirigés avec maîtrise et humour par André Leroux, ces musiciens, tous bénévoles, avaient formé pour l’occasion un Big Band, malheureusement éphémère puisqu’on risque fort de ne plus jamais les retrouver ensemble.

Les responsables de l’accompagnement musical au Centre Bell et dans les grandes enceintes sportives du Québec auraient intérêt à diversifier leurs choix. La musique que j’ai entendue au concert Ça jazz, au Conservatoire, dynamiserait nos matchs de sport aussi efficacement, sinon plus, que les musiques habituelles qu’on y diffuse à tue-tête.

Pareille initiative aurait le mérite de faire découvrir à des milliers de personnes des œuvres québécoises, comme l’ont fait à Pyeongchang les deux patineurs ontariens.

Je pleure un ami

Mon ami Daniel Tremblay est mort subitement, vendredi dernier, alors qu’il terminait à Sousse, en Tunisie, le premier voyage de sa retraite qu’il avait prise en décembre. Ancien étudiant du conservatoire d’art dramatique de Montréal, Daniel avait joué dans quelques séries télévisées, dont Peau de banane et Chop Suey (TVA), avant de prendre conscience qu’il ne serait jamais un comédien en demande.

Il avait donc troqué le métier pour jouer le rôle de courtier en valeurs mobilières avec beaucoup de succès. Il était le conjoint de Pierrette Boucher, la fameuse Chanterelle (TVA) des tout-petits et la vedette d’Au jardin de Pierrot (SRC) à la fin des années 1970.