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Trains de banlieue: hausse de 20% des retards l’an dernier

trains banlieue
Zacharie Goudreault / 24H La ligne de trains de banlieue de Deux-Montagnes, la plus achalandée du réseau, a subi 636 retards l’an dernier, au grand désarroi des quelque 30 000 usagers qui l’empruntent quotidiennement.

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Les usagers des trains de banlieue ont attendu plus souvent en 2017 alors qu’il y a eu 20% plus de retards qu’en 2016. La ligne de Deux-Montagnes, la plus achalandée du réseau, a été particulièrement affectée.

​«Le [Réseau de transport métropolitain] devrait s’inquiéter. Quand vous offrez un service de transport en commun, le premier critère, c’est la ponctualité», a déclaré au 24 Heures la professeure au département d’études urbaines et touristiques de l’Université du Québec à Montréal, Florence Junca-Adenot.

Plus de 1860 retards de plus de six minutes ont affecté les six lignes de trains de banlieue du Réseau de transport métropolitain en 2017, soit environ 310 retards de plus qu’en 2016. Ces données, obtenues grâce à une demande d’accès à l’information, indiquent que la durée moyenne des retards a été de 16 minutes l’an dernier

«C’est long comme retard. Si l’usager a des correspondances à prendre et qu’il les manque à cause de ça, ça le retarde beaucoup», a noté Mme Junca-Adenot, qui a fondé en 1996 l’Agence métropolitaine de transport, devenue le RTM l’an dernier.

La ligne de Mont-Saint-Hilaire est passée de 55 retards en 2016 à 207 l’an dernier.

Manque d’entretien

Le passage de trains de marchandises, les conditions météorologiques extrêmes et les interventions auprès des clients à bord peuvent causer des retards de service.

Cependant, au-delà de ces facteurs externes, le manque d’entretien des infrastructures et des trains de banlieue dans les dernières années a également affecté la ponctualité du réseau, estime le président du Fonds mondial du patrimoine ferroviaire, Denis Allard.

«Le RTM gère mal ses infrastructures», a lancé M. Allard.

Plus du quart des retards ont été causés par les infrastructures l’an dernier, ce qui comprend entre autres les bris de rails, les aiguillages gelés en hiver et les défectuosités aux passages à niveau.

«Imprudence»

Denis Allard affirme que l’entretien des voitures de train électriques de la ligne de Deux-Montagnes, qui a subi près de 50% plus de retards l’an dernier par rapport à 2016, a été négligé dans les dernières années.

Ces voitures, mises en service au milieu des années 1990, ont atteint la moitié de leur vie utile et une remise à neuf de la flotte est prévue depuis plusieurs années, mais n’a toujours pas eu lieu, selon lui.

«Il y a des mauvais choix qui ont été faits et maintenant ce sont les utilisateurs qui paient pour», déplore le président de l’organisme Trajectoire Québec, François Pépin, qui souligne «l’imprudence» du RTM dans l’entretien de son matériel roulant.

Pas de négligence

Appelé à commenter, le directeur général des opérations du RTM, Stéphane Lapierre, a indiqué que la remise à neuf des voitures de la ligne de Deux-Montagnes a été abandonnée en raison de «choix imposés» avec l’arrivée sur cette ligne du Réseau express métropolitain (REM) en 2021.

Il ajoute que des «rénovations mineures» seront réalisées sur tous ces trains électriques afin de les rendre plus résistants au froid hivernal et qu’il n’y a donc pas lieu de parler de négligence.

«On n’a pas négligé la machine parce que ce que ça voudrait dire avoir un impact sur la sécurité et ça, ça n’arrivera jamais», a-t-il assuré.

Il rappelle également que le réseau de trains de banlieue doit vivre avec les aléas de la météo, en particulier en hiver, qui peuvent affecter les aiguillages et les systèmes de signalisation et ainsi ralentir le service.

Retards selon les lignes

Ligne 2016 | 2017 | Variation

Deux-Montagnes: 427 | 636 | +48%

Mont-Saint-Hilaire: 55 | 207 | +276%

Saint-Jérôme: 235 | 291 | +24%

Vaudreuil-Hudson: 441 | 368 | -17%

Mascouche: 239 | 241 | +0,8%

Candiac: 156 | 124 | -20%

Ensemble des lignes: 1553 | 1867 | +20%