/news/politics
Navigation

«Filière libérale de l’hydrogène»: une cadre en conflit d’intérêt en mission au Japon avec son mari lobbyiste pour Toyota

Le 18 janvier dernier, au Salon de l’auto de Montréal, le gouvernement Couillard a annoncé un partenariat avec le fabricant Toyota pour tester sa voiture à hydrogène Mirai (photo). Québec et Ottawa financeront aussi des bornes de recharge.
Photo courtoisie Le 18 janvier dernier, au Salon de l’auto de Montréal, le gouvernement Couillard a annoncé un partenariat avec le fabricant Toyota pour tester sa voiture à hydrogène Mirai (photo). Québec et Ottawa financeront aussi des bornes de recharge.

Coup d'oeil sur cet article

Le gouvernement Couillard a approuvé la participation d’une haute gradée de Transition énergétique Québec à une mission de développement de la filière hydrogène au Japon, en compagnie de son conjoint lobbyiste pour Toyota.

«On peut participer à une mission sans participer aux discussions qui touchent la filière de l'hydrogène. Elle était là en support technique», s’est justifié le ministre des Ressources naturelles, Pierre Moreau, durant la période de questions.

Le 18 janvier dernier, au Salon de l’auto de Montréal, le gouvernement Couillard a annoncé un partenariat avec le fabricant Toyota pour tester sa voiture à hydrogène Mirai (photo). Québec et Ottawa financeront aussi des bornes de recharge.
Photo Simon Clark

M. Moreau s’est retrouvé dans l’embarras après que le député péquiste Sylvain Gaudreault eut révélé que Michelle St-Jean, directrice corporative à Transition énergétique Québec (TEQ), a participé à une mission au Japon en septembre 2017, trois mois après avoir déclaré un conflit d’intérêts en raison de sa relation avec le lobbyiste de Toyota, Martin Geoffroy, qui a été attaché politique de l’ex-premier ministre libéral Daniel Johnson.

La question est délicate, car TEQ a financé un projet pilote de station-service à l’hydrogène. Le Journal révélait la veille que sept proches du PLQ et du PLC sont devenus des lobbyistes dans l’offensive destinée à promouvoir l’automobile à hydrogène, qui vient de recevoir l’appui financier des gouvernements Couillard et Trudeau.

Le péquiste Gaudreault a souligné que Pierre Moreau n’a pas tout dit mercredi en omettant le voyage de Mme St-Jean au Japon.

Pierre Moreau a argué que des mesures ont été mises en place, sans les préciser. «À partir du moment où la situation est connue de la présidente de Transition énergétique Québec, à partir du moment où Mme St-Jean fait sa déclaration d'une façon volontaire, les mesures sont mises en place», a répliqué M. Moreau. Il affirme qu’il n’y a eu aucun «contact» entre Mme St-Jean et la filière de l’hydrogène, une affirmation qui a provoqué les railleries de la députée Agnès Maltais, qui a soutenu que c’était difficile d’éviter les contacts lorsqu’on dort dans la même chambre d’hôtel.

Pierre Moreau a indiqué que son prédécesseur Pierre Arcand, qui est maintenant président du Conseil du trésor, était «informé de cette situation» et que des mesures «ont été prises».

La réponse n’a pas satisfait Sylvain Gaudreault, qui a demandé une enquête pour faire la lumière sur la «filière libérale de l’hydrogène».

Le 18 janvier dernier, au Salon de l’auto de Montréal, le gouvernement Couillard a annoncé un partenariat avec le fabricant Toyota pour tester sa voiture à hydrogène Mirai (photo). Québec et Ottawa financeront aussi des bornes de recharge.
Photo Simon Clark

Pierre Moreau a alors accusé l’opposition officielle d’être sexiste. «Au 21e siècle, on n'a pas à croire que l'emploi d'une personne de sexe féminin dépend de l'emploi occupé par son mari», a-t-il déploré. «Je n'ai aucune raison de penser que la présidente de TEQ ne se conforme pas aux dispositions pour empêcher les relations entre Mme St-Jean et les gens de la filière à hydrogène, j'en suis absolument convaincu», a-t-il ajouté.

Il a ensuite indiqué que «si [le Parti québécois] vous voulez une enquête, vous la ferez si, un jour, vous êtes au gouvernement, nous, on ne la fera pas».