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Implantation d'une nouvelle valve aortique: une première canadienne à l’IUCPQ

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L’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec a réalisé vendredi une première canadienne en installant une toute nouvelle valve aortique qui changera la vie de milliers de patients au cours des prochaines années.

L’Inspiris Resilia est une valve biologique en péricarde de veau qui a la particularité de s’agrandir au besoin. Cette révolution de la compagnie Edwards permet le remplacement de la valve à la fin de sa vie utile d’une douzaine d’années sans même avoir besoin d’ouvrir à nouveau le thorax du patient.

La nouvelle technologie, nommée «valve-in-valve», permettra de glisser une valve neuve directement dans la première en accédant au cœur par l’artère fémorale, ce qui diminue grandement les impacts sur les patients.

«C’est une deuxième opération beaucoup plus facile à tolérer. Le grand bénéfice est au niveau de la récupération. Une chirurgie à cœur ouvert, c’est trois mois de récupération alors qu’ici, le patient pourrait quitter le lendemain de l’opération et vaquer à ses occupations après deux semaines», explique le Dr François Dagenais, qui a pratiqué la toute première installation canadienne devant les médias vendredi, répondant aux questions en temps réel durant l'intervention.

 L’équipe du chirurgien cardiaque François Dagenais a pratiqué cette première installation canadienne de la nouvelle valve en direct devant les médias, répondant aux questions en temps réel.
Photo Pierre-Paul Biron
L’équipe du chirurgien cardiaque François Dagenais a pratiqué cette première installation canadienne de la nouvelle valve en direct devant les médias, répondant aux questions en temps réel.

Nombreux candidats

Cette nouvelle procédure permettra d’offrir les valves biologiques à un éventail de patients plus grand en raison de la facilité de remplacement. Comme les dispositifs en membrane porcine ou bovine calcifient comme une valve humaine, ces dernières ont une durée de vie limitée. On ne les installait donc pas jusqu’à aujourd’hui sur des patients de moins de 65 ans en raison de l’obligation de réopérer après une dizaine d’années.

«On abaisse avec ça l’âge de l’installation de valves biologiques», indique le Dr Daniel Doyle, qui se réjouit de permettre à des patients d’éviter de cette façon les valves mécaniques qui apportent leur lot de complication.

«Les mécaniques viennent avec des anticoagulants, qui sont une autre maladie en fait. Si on en prend trop, ça saigne, si on n’en prend pas assez ça bloque, bref c’est contraignant pour le patient», précise le chirurgien.

Le Dr Daniel Doyle décrivait le travail effectué par son collègue lors de l’opération de vendredi matin.
Photo Pierre-Paul Biron
Le Dr Daniel Doyle décrivait le travail effectué par son collègue lors de l’opération de vendredi matin.

Réduction des risques

Sur les quelque 3000 opérations au cœur pratiquées par l’IUCPQ annuellement, 1000 sont des remplacements de valves aortiques. La nouveauté présentée hier matin aura donc un impact réel sur la vie de nombreux patients souffrant de problèmes cardiaques.

Quant aux coûts liés à cette nouveauté, ils sont semblables à ceux d’une valve mécanique et quelque peu supérieurs aux autres valves biologiques. Il s’agit donc d’un changement à coûts minimes pour le système, mais qui fera une réelle différence.

«Ces approches thérapeutiques offrent de nouvelles options de traitements aux patients en plus de réduire les risques de complications et de mortalité», a souligné le Dr Josep Rodès-Cabau, qui a pratiqué devant les journalistes une procédure «valve-in-valve» hier et qui s’est réjoui de l’avancement de la science. «Avant l’intervention, le patient a un problème d’insuffisance sévère et après une chirurgie d’une heure, en anesthésie locale, il n’a plus rien», s’est-il enchanté.

Les interventions cardiaques à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec dans la dernière année

Le chirurgien montre où se trouve l’emplacement de la valve dans le cœur, soit dans l’aorte. La nouvelle valve est fabriquée en péricarde de veau.
Photo Pierre-Paul Biron
Le chirurgien montre où se trouve l’emplacement de la valve dans le cœur, soit dans l’aorte. La nouvelle valve est fabriquée en péricarde de veau.

 

  • 3018 opérations au cœur, dont environ 1000 remplacements aortiques
  • 11 454 procédures en hémodynamie et électrophysiologie
  • 1367 implantations de cardiostimulateurs et défibrillateurs
  • 15 transplantations cardiaques

La nouvelle valve aortique Inspiris Resilia

  • Valve en péricarde de veau
  • Revêtement anti-calcifiant qui prolonge la durée de vie
  • Base de la valve qui s’agrandit pour permettre le remplacement «valve-in-valve» sans une deuxième opération à cœur ouvert
  • Permettra l’installation de valves biologiques sur des patients de plus en plus jeunes
  • Installée pour la première fois au Canada à l’IUCPQ