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Pas d'argent neuf avec du vieux...

Pas d'argent neuf avec du vieux...

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Plus tortueux qu’un intestin, fuyant ses responsabilités, notre libéral gouvernement a sans doute provoqué cette semaine une recrudescence du syndrome du colon irritable.

C’était d’abord la faute à François Legault qui eut jadis sur le réseau de la Santé autant d’effet que le bogue de l’An 2000 sur un thermostat.

Puis ce fut la faute de Pauline Marois qui y avait catapulté le docteur Réjean Hébert, que l'on prit vite pour un mîme et fut expressément oublié.

Ce fut ensuite le sudoku des idées, la jonglerie de «l’argent neuf» qui fit dire à Pierre Arcand, le marguiller de la dépense: «Il n'y a pas de nouvelle hausse comme telle».

Pas d'argent neuf avec du vieux...
Photo d'archives

S’il y a plus de milliards qu’hier au guichet de la RAMQ, c’est qu’on avait mal vu. Au Québec, quand le gouvernement additionne, il soustrait. C’est ce qui différencie une paye brute d’une paye nette...

Mais les arguments, plus illogiques et pathétiques les uns que les autres, ne parvenaient quand même pas à convaincre les connards fiscalisés du village des valeurs. Ils ont la couenne dure ceux-là!

Brave quand la bataille fait relâche, le gouvernement Couillard a donc attendu la suspension des travaux parlementaires pour tout déballer, et surtout rappeler l’importance des ententes salariales conclues en 2006 et en 2014.

Deux ententes cruciales qui impliquèrent tour à tour Philippe Couillard et Gaétan Barrette qui, lui, se sera assis des deux côtés de la table pour reprendre à l’envers et à l’endroit ce qu’il avait à demander...

Pas d'argent neuf avec du vieux...
Photo courtoisie

Remarquez qu’un tel divertissement a au moins un avantage : pas besoin d'aller au cirque. Avec de tels ministres, pas besoin d’humoristes non plus pour expliquer Kafka.

Vendredi, le gouvernement a tout fait pour mettre en oeuvre la «correction du narratif» télévisé et avait exceptionnellement fait sortir du presbytère, un dernier personnage-clef: Roberto Iglesias, docteur lui aussi et troisième larron de la foire...

On a enfin compris que le huis-clos politico-médical permettra d’ajouter 2,1 milliards à la rémunération des spécialistes au cours des prochaines années. Chose promise, chose due, dit Couillard.

Ça tombe bien, des surplus avaient été mis de côté pour parer à ce genre d’imprévus.

Prenant le ton ferme du bedeau content de la quête, le ministre Arcand a expliqué que l’ordre était rétabli et que les Québécois se sentiront bientôt beaucoup mieux.

Effectivement, on sent déjà quelque chose dans l’air, une sorte d'envie d'en finir... Et ça n’a évidemment rien à voir avec les médecins qui nous soignent. Avec dévouement.

Ceux-là sont pour la plupart les victimes collatérales du jeu politique auquel s’adonnent plusieurs des leurs depuis des années.

Un jour ou l’autre, la boue de la partisannerie devait frapper le ventilateur et arroser les humanistes comme les cupides. C'est dommage mais c'était inévitable.