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523 amendes ont été distribuées illégalement

Le policier n’a pas été formé en raison de ses crises de panique

Sébastien Grenier, policier coupable
Photo courtoisie, Caroline Lepage Sébastien Grenier, policier coupable

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SHERBROOKE | Un policier honteux d’avouer qu’il avait manqué sa formation pour utiliser le radar au laser à cause de ses crises de panique a distribué 523 constats d’infraction pour excès de vitesse, sans en avoir le droit.

Le patrouilleur de la Sûreté du Québec Sébastien Grenier ne s’est pas présenté en 2008 à une formation sur l’utilisation du cinémomètre au laser (radar) parce qu’il craignait de vivre une crise de panique devant ses collègues. Le policier a déclaré qu’il était malade.

« En principe, il n’y avait rien de stressant. [...] C’est niaiseux, mais je ne me sentais pas capable d’y aller », a-t-il témoigné aux observations sur la peine, vendredi, au palais de justice de Sherbrooke.

Il ment à son supérieur

Entre juin 2011 et octobre 2013, Sébastien Grenier a tout de même utilisé ce type de radar pour distribuer 523 constats d’infraction pour excès de vitesse.

Le policier a plaidé coupable en décembre dernier, au palais de justice de Sherbrooke, d’avoir produit de faux documents. Il est suspendu avec solde, mais il risque d’être congédié à la fin des procédures judiciaires, en vertu de la Loi sur la police.

M. Grenier venait d’être transféré au poste autoroutier de l’Estrie, à Sherbrooke. À son arrivée, il a menti à son supérieur Claude Blouin sur le fait qu’il avait reçu la formation sur le radar au laser.

M. Blouin avait tenté de valider la parole de M. Grenier aux ressources humaines de la SQ, mais il n’avait jamais eu de suivi. De plus, le logiciel qui enregistrait les formations du personnel de la SQ n’était pas fiable à cette époque.

Selon M. Blouin, le policier travaillait bien et distribuait plus de constats d’infraction que la moyenne. Toutefois, il était souvent absent.

En larmes

M. Blouin s’est déjà rendu au domicile du policier parce que ce dernier était en crise de larmes et il a dû l’amener à l’hôpital.

Le patrouilleur de 45 ans admet aujourd’hui qu’il n’aurait pas dû se servir du radar au laser sans la formation. Sans excuser le geste, il a déclaré qu’il s’en servait adéquatement.

Selon la procureure de la Couronne, Geneviève Crépeau, plusieurs constats d’infraction en cause dans ce dossier avaient déjà été payés. Ceux pour lesquels le plaidoyer de culpabilité n’avait pas encore été enregistré ont été annulés.

La Couronne demande environ six mois de détention avec sursis alors que la défense souhaite plutôt une absolution conditionnelle.