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Un bourgeois grandiose

Comédiens, danseurs, chanteurs et musiciens font revivre le grand classique de Molière

Deux finissants de la cohorte  2017-2018 du Conservatoire d’art dramatique de Québec lors des répétitions du <i>Bourgeois 
gentilhomme</i>.
Photo courtoisie Pascale Croft Deux finissants de la cohorte  2017-2018 du Conservatoire d’art dramatique de Québec lors des répétitions du Bourgeois gentilhomme.

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Antoine Paré-Poirier et 13 de ses collègues du Conservatoire d’art dramatique de Québec vivront un baptême de feu tout à fait unique au Grand Théâtre de Québec.

Ces finissants de la cohorte 2017-2018 seront en vedette dans une version bonifiée du Bourgeois gentilhomme, avec trois danseurs de l’École de danse de Québec, quatre chanteurs et 35 musiciens de l’Orchestre symphonique, sous la direction du chef Fabien Gabel.

Fabien Gabel et l’Orchestre symphonique de Québec.
Photo courtoisie Louise Leblanc
Fabien Gabel et l’Orchestre symphonique de Québec.

Aventure multidisciplinaire

Ce classique de Molière sera présenté le 28 février à la Salle Louis-Fréchette et les 1er, 2 et 3 mars au Théâtre du conservatoire.

« J’ai l’impression de sauter une étape », a laissé tomber Antoine Paré-Poirier dans un éclat de rire, en faisant référence à la grande salle du Grand Théâtre de Québec, qui peut accueillir 1800 spectateurs.

L’étudiant avoue ne pas être envahi par la nervosité.

« Ça va peut-être venir, a-t-il ajouté, indiquant que cet alliage avec les différentes écoles d’art et l’orchestre symphonique était une opportunité intéressante. Ça va être une soirée vraiment particulière. »

Cette aventure multidisciplinaire fait suite au Songe d’une nuit d’été, de Shakespeare, monté en 2014 par Jacques Leblanc, avec 11 comédiens, l’OSQ, deux sopranos et la Maîtrise des Petits chanteurs de Québec.

« Ce projet avait eu beaucoup de succès et on s’était dit, avec l’OSQ, qu’il fallait absolument refaire ça, et j’ai proposé le Bourgeois gentilhomme. J’avais envie, parce que je suis devenu directeur du Conservatoire d’art dramatique de Québec, que ça se fasse avec l’école, qui fête cette année son 60e anniversaire », a expliqué Jacques Leblanc.

Jacques Leblanc
Photo courtoisie Stéphane Bourgeois
Jacques Leblanc

Strauss versus Lully

Le Bourgeois gentilhomme raconte l’histoire de Monsieur Jourdain, qui cherche à imiter le comportement et le genre de vie des nobles. Un homme obsédé par son rang social, qui veut accéder à la noblesse et qui organise toute sa vie en fonction de cet objectif.

« Il s’agit d’un projet qui réunit beaucoup de monde. Il implique aussi les étudiants en ­scénographie, qui font les décors et les costumes », a fait savoir Jacques Leblanc.

Le comédien et metteur en scène, qui a déjà joué il y a une trentaine d’années le rôle du maître à danser, attaque pour la première fois la mise en scène de ce classique créé en 1670.

« Le défi est d’amener ces comédiens finissants à aller chercher le niveau de jeu, la langue, la compréhension et la vérité. On peut jouer gros et faire des cabrioles, mais l’interprétation doit être soutenue et ne pas être superficielle. Ça doit être vrai, sinon ce n’est pas intéressant », a-t-il fait savoir.

Il y a aussi un défi, a-t-il ajouté, de mettre tout ça ensemble avec les danseurs et les chanteurs, qui doivent être crédibles.

La version présentée au Grand Théâtre sera celle avec les musiques de Richard Strauss, et les cinq représentations du Théâtre du conservatoire seront colorées par la trame musicale originale de Jean-­Baptiste Lully, interprétée par les étudiants du Conservatoire de musique de Québec et quelques musiciens de l’OSQ.

« Les musiques de Strauss, composées au début du 20e siècle, sont d’une grande beauté et plus dramatiques que celles de Lully. Ce sont deux shows qui se ressemblent beaucoup, mais la musique est différente », a-t-il dit.

► Le bourgeois gentilhomme avec la musique de Strauss est ­présenté le 28 février à 20 h à la Salle Louis-­Fréchette du Grand théâtre de Québec. La version avec la ­musique de Jean-Baptiste Lully sera à l’affiche les 1er (19 h 30), 2 et 3 mars, (14 h et 19 h 30), au Théâtre du conservatoire.