/misc
Navigation

Nos auteurs

Sarah Bélisle

Jeter le Barrette avec l’eau du bain?

Coup d'oeil sur cet article

Jeter le Barrette avec l’eau du bain ?

 

Rémi Nadeau

La semaine dernière, le gouvernement Couillard, dont l’image souffrait de l’affrontement public entre Gaétan Barrette et les infirmières, a forcé un changement de ton souhaitable de son imprévisible ministre de la Santé.

Mais le résultat de la négociation avec les médecins spécialistes démontre qu’il a trop écarté le ministre, dont la poigne de fer avec ses anciens collègues avait certaines vertus. L’entente pilotée par le Trésor laissera un goût amer dans la bouche des Québécois

En ce début de saison parlementaire, le premier ministre Philippe Couillard a choisi de ne pas se présenter au Salon bleu les jeudis, préférant revêtir son chapeau de chef libéral et mener campagne en Beauce, notamment.

Quant à lui, le chef de la CAQ François Legault a été plus efficace dans sa critique de la réforme libérale de la taxe scolaire, qualifiant l’iniquité entre les régions de « Loto taxes scolaires ».


Pierre Arcand, PLQ

Photo Stevens LeBlanc

Le ministre Barrette a encore été placé sur les lignes de côté des négociations avec les médecins. Résultat : les spécialistes, qui gagnent aujourd’hui davantage que leurs collègues ontariens, vont se farcir deux milliards $ de plus dans les huit prochaines années. Et surtout, les éléments coercitifs sont disparus. La loi 20 prévoyait des pénalités pour ceux qui n’atteindraient pas les objectifs de services, et la loi 30 permettait de retirer les privilèges de pratique à ceux qui refuseraient d’assurer une couverture plus flexible. Tout ça a été suspendu par le conciliant président du Conseil du trésor, qui a préféré ranger le bâton.


Amir Khadir, QS

Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin

Le député solidaire, qui pratique toujours la médecine, en a surpris plus d’un en annonçant publiquement qu’il allait retourner le chèque qu’il recevra de l’État québécois dans le cadre de la controversée entente intervenue avec les fédérations de toubibs.

Il n’en est pas à un comportement fiscal exemplaire, ayant déjà exigé du ministre des Finances Carlos Leitao un formulaire afin de payer 11 $ en taxe de vente sur un chandail de hockey de l’ex-URSS commandé outre-mer !


Sylvain Gaudreault, PQ

Photo Agence QMI, Simon Clark

Le péquiste a scié les jambes du ministre Pierre Moreau, qui a affirmé en chambre s’être assuré qu’il n’y avait pas de contact entre une cadre de l’organisme Transition énergétique Québec et la filière de l’hydrogène. Or, en brandissant une photo, le député de Jonquière a démontré que Michelle Saint-Jean et son conjoint Martin Geoffroy, lobbyiste pour Toyota, ont participé ensemble à une mission à ce sujet au Japon en septembre. Sa collègue Agnès Maltais se tapait sur les cuisses. « Pas, de contact ? Mais ils partagent la même chambre à coucher » !

 

S’enfarger dans ses tweets

 

Sarah Bélisle

Dangereux, maladroit, un signe d’ingérence politique dans la justice. Plutôt rare que des tweets de politiciens provoquent une telle réaction... De ce côté-ci de la frontière en tout cas.

C’est pourtant ainsi qu’a commencé la semaine à Ottawa. Dans un élan de compassion, le premier ministre Justin Trudeau ainsi que trois de ses ministres ont laissé entendre sur Twitter que justice n’avait pas été rendue dans l’affaire Colten Boushie, qui a provoqué un tollé chez les communautés autochtones le week-end dernier. Un fermier blanc de la Saskatchewan venait tout juste d’être acquitté en cour du meurtre de ce jeune autochtone de 22 ans.

Des propos qui minent le système judiciaire, ont dénoncé nombre d’experts et d’élus.

Une autre déclaration malheureuse est ensuite revenue hanter le PM. Manifestant sur la colline, des vétérans ont dénoncé la « claque au visage » que leur a donné M. Trudeau en disant qu’ils « demandent plus que ce que nous sommes en mesure de leur donner ».

« Vétérans, préparez-vous à la bataille », a lancé l’instigateur du mouvement.


Jean-Denis Fréchette

Photo d'archives, Christopher Nardi

L’acharnement peut être payant. Après 5 ans de lutte, le directeur parlementaire du budget, Jean-Denis Fréchette, a obtenu du premier ministre une promesse. Celle que l’Agence du Revenu lui remettra enfin les données pour qu’il calcule l’écart qui existe entre l’impôt perçu et l’impôt dû par les Canadiens. Il veut mesurer les revenus que perd Ottawa en raison des paradis fiscaux et autres mesures d’évitement fiscal. M. Fréchette a dû menacer de s’adresser aux tribunaux pour y arriver.


Les sénateurs

Photo courtoisie

Les sénateurs ont forcé le retard de la légalisation du cannabis au pays, promettant du même souffle de s’attaquer aux failles qu’ils ont identifiées dans le projet de loi libéral. Entre autres, la question des millions $ investis dans le pot légal à partir des paradis fiscaux, comme l’ont révélé des médias, dont Le Journal. Rien ne garantit que ces sommes ne proviennent pas du crime organisé, pointe le sénateur Serge Joyal (photo) qui veut revoir les critères d’émission des permis de production et de vente en conséquence.


Carla Qualtrough

Photo d'archives, Agence QMI

À l’aube du 2e anniversaire du système de paie Phénix, force est de constater qu’Ottawa et la ministre responsable du dossier, Carla Qualtrough, sont toujours bien loin de mettre un terme à ce fiasco. Au contraire. Encore cette semaine, de nouvelles données ont montré que le problème ne cesse d’empirer. La moitié des fonctionnaires sont touchés de près ou de loin. Et le gouvernement réclame (encore) de nouveaux millions dans un effort pour réparer et « stabiliser » Phénix. Bonne fête !