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Grand Montréal: le règne de l’automobile perdure

Congestion routière
Photo Sarah Daoust-Braun

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MONTRÉAL - Plus de 142 000 automobilistes se sont ajoutés sur les routes de la grande région métropolitaine en 15 ans, signe que des investissements massifs dans le transport en commun sont nécessaires pour le rendre plus attrayant, estiment des experts.

«C’est préoccupant. Cent quarante-deux mille automobilistes de plus qui se rendent au travail en auto, ça crée plus de gaz à effet de serre et des problèmes de congestion», a réagi le conseiller en recherche à la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), Philippe Rivet.

La CMM a publié dimanche soir une analyse portant sur l’évolution, entre 2001 et 2016, des différents modes de transport utilisés par les habitants du Grand Montréal pour se rendre à leur lieu de travail.

En 2016, près de deux déplacements sur trois entre la maison et le lieu de travail étaient réalisés en voiture, un taux qui est demeuré stable depuis 2001.

En 15 ans, le nombre de travailleurs optant pour ce mode de transport a ainsi grimpé de 14 % pour atteindre près de 1,2 million il y a deux ans. Une situation qui s’explique en partie par la croissance démographique que connait la région, a indiqué M. Rivet.

«La tendance actuelle est intenable. Ce n’est pas soutenable économiquement», a déploré le directeur de l’organisme Trajectoire Québec, Philippe Cousineau Morin.

Selon les estimations du ministère des Transports du Québec, la congestion routière représente des pertes annuelles d’environ 2 milliards $, en raison entre autres des impacts sur la santé des conducteurs, des retards au travail et des délais de livraison qu’elle engendre.

Investissements

Entre 2001 et 2016, le nombre total de travailleurs optant pour le transport en commun a augmenté de près de 73 000 pour atteindre environ 416 000 personnes, soit un peu moins du quart des travailleurs.

Si cette croissance de 21 % a été insuffisante pour contrebalancer l’automobile, c’est entre autres parce que l’est de l’ile de Montréal ainsi que les couronnes nord et sud demeurent peu desservis par le transport en commun, estime la professeure au département d’études urbaines et touristiques de l’Université du Québec à Montréal, Florence Junca-Adenot.

«Ce qui est le plus simple, le moins coûteux et le plus efficace, c’est de mettre des voies réservées sur les autoroutes et d’y mettre des autobus rapides», a-t-elle affirmé, soulignant également un éventuel prolongement du métro vers l’est.

Le directeur général de l’organisme Vivre en Ville, Christian Savard, abonde dans le même sens. «C’est sûr que si on ne produit que des autoroutes et presque pas de transport collectif, ça ne fonctionnera pas. Il faut investir de manière importante dans les transports collectifs de la région», a-t-il déclaré.

Philippe Rivet, de la CMM, estime quant à lui que l’arrivée du Réseau express métropolitain «fait partie des projets structurants qui feront baisser le nombre d’automobilistes» à moyen terme.

Les municipalités qui ont une gare de train sur leur territoire ont généralement un taux élevé d’utilisateurs réguliers du transport en commun, a-t-il noté.