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Ils sont tous beaux

Girard
Photo Réjean Tremblay Samuel Girard a reçu les encouragements de ses proches de Ferland-et-Boilleau au Palais des glaces de Gangneung.

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PYEONGCHANG | J’ai su avant même d’avoir grimpé les dernières marches dans les gradins du haut du Palais de glace de Gangneung. L’accent, cet incroyable accent si rond et si doux...

– Salut le gars de Falardeau !

Qui tu veux qui connaisse Falardeau à Gangneung à part du monde de Ferland-et-Boilleau ?

J’ai répondu à Grégoire Girard en Bleuet : « Sois respectueux, Falardeau est quatre fois gros comme Ferland-et-Boilleau ! Vous devez être rendus à 200 habitants, je suppose ? »

Tout le monde a éclaté de rire. Il était six heures et demie et les courses ne commenceraient pas avant sept heures.

Samuel Girard devrait s’élancer pour sa première qualification vers sept heures et demie. Et puis, on n’était pas trop stressé puisque les vrais espoirs de médaille pour tout le Québec à part Ferland-et-Boilleau, étaient tournés vers Charles Hamelin.

« D’abord, à Ferland-et-Boilleau, on est ben proche de 600 habitants. Je le sais, je suis échevin municipal », m’a répondu Grégoire Girard...

Un grand gars ben fin

On a d’abord parlé du village. Collé le long du fjord du Saguenay, traversé par la 381, c’est une perle à visiter en moto. À léviter sur son siège tellement c’est beau. En se rendant vers Anse-Saint-Jean et Petit Saguenay. Même le maudit déluge de 1996 n’a pas réussi à défigurer cette beauté même si les cicatrices sont encore visibles.

« Et puis, notre Samuel, c’est un bébé du déluge. Il est né quatre jours après les inondations. »

Cette fois, c’est Monique Bouchard, la maman du grand bébé qui allait se couvrir d’or dans trois heures, qui prenait la parole.

« Samuel est adorable. Ç’a toujours été un enfant gentil et facile à élever. Y a jamais aimé le hockey, y trouvait que l’équipement puait trop », dit-elle.

Tellement que dès l’âge de six ans, c’est vers le patinage de vitesse qu’il s’est tourné.

Ses parents prenaient la 381 vers La Baie, où l’enfant faisait ses classes. Avec plaisir.

Ça faisait pas mal de route, mais le père est camionneur routier pour les entreprises saguenéennes et Monique Bouchard travaille à Chicoutimi dans la boulangerie de sa belle-sœur.

Au Saguenay, partir d’Alma pour aller magasiner le vendredi soir à Place du Royaume sur le boulevard Talbot, ç’a toujours été une petite trotte à côté.

Pas pire que de venir à Gangneung, en Corée, un samedi soir de février !

Un brunch au village

Il était sept heures du soir à Gangneung, ce qui veut dire cinq heures du matin à Ferland-et-Boilleau. Mais le maire Simard avait prévu le coup. Dans le journal Mon Patelin, dont le tirage doit être de 200 copies, on annonçait la tenue d’un brunch spécial le 17 février au matin. Pour encourager en direct les efforts d’un petit gars de Ferland-et-Boilleau en Corée.

Ben, monsieur le maire, le petit gars a gagné. Et il a bien fait ça tout le long. Je l’ai suivi dans la zone mixte quand il est allé se faire interviewer par Jacinthe Taillon. J’étais content que ce soit elle, Mme Taillon pose des questions intelligentes. Puis, il est venu rencontrer les reporters et a répondu avec sérieux à leurs questions. Alain Bergeron vous raconte tout ça.

Le passage du flambeau

Juste auparavant, on avait tenu une brève cérémonie sur la glace. Le visage du jeune était souriant, bien sûr, mais on aurait dit qu’il restait concentré, encore dans l’adrénaline.

La délégation de Ferland-et-Boilleau était descendue des hauteurs. Ses parents étaient trop émus pour crier fort. Leur grand garçon leur a envoyé la main. Sobrement.

En revenant, il a croisé Charles Hamelin. Les deux savaient que le flambeau venait de se passer d’une génération de patineurs à l’autre. Charles l’a serré contre lui : « Good job », lui a-t-il dit. Deux pros.

En fait, c’est le couple Hamelin–St-Gelais qui a passé le relais. Et Kim Boutin, elle aussi, en est très consciente.

De toute façon, ils sont tous beaux...

Les potins de Kim JOng-Un...et demi

Fabriqué en Chine !

PYEONGCHANG | Soohorang, la mascotte des Jeux de Pyeongchang, est un charmant tigre blanc, un animal sacré dans la tradition coréenne.

J’ai donc acheté deux petits toutous tigres comme souvenirs des Jeux à la boutique officielle du village des médias. C’est pas grand-chose, mais je les trouve mignons. Comme j’avais aimé Misha, l’ourson soviétique des Jeux de Moscou. Il y a un siècle.

À l’appartement, j’ai examiné mon Soohorang d’un peu plus près. Ce sont les Jeux en Corée et vous savez comment sont certains Québécois : Coréens, Vietnamiens, Thaïlandais, Cambodgiens, Chinois ou Japonais, c’est tout pareil. Yeux bridés et bruns.

J’ai fini par trouver l’étiquette de mon tigre. Et ça m’a indiqué pas mal où est rendue la Corée du Sud dans son évolution économique...

« Made in China » mon beau Soohorang.

Girard
Photo courtoisie

Le médecin de Radio-Canada

Le docteur Sylvain Couture est un médecin québécois. C’est à Gangneung qu’on l’a croisé hier. Affable comme tout, le médecin profite des Jeux. Il est le médecin embauché par Radio-Canada pour veiller sur la santé des employés de la société d’État à Pyeongchang. Sans doute faut-il prévenir les cas d’épuisement au travail.

Le médecin n’était pas trop dépaysé puisqu’il reçoit beaucoup de touristes ou de voyageurs de passage au Québec à son cabinet de médecine générale.

Les jeux au parc olympique

C’est au parc olympique qu’on a le plus senti l’atmosphère des Jeux depuis le début des compétitions. Le curling, le hockey, le patinage de vitesse, l’ovale de vitesse sont tous dans le quartier. Hier, en se promenant un peu en dehors du Palais des glaces de Gangneung, on côtoyait des milliers de personnes qui attendaient le début d’une des compétitions qu’on avait choisies. Et les autocars roulaient au rythme d’un train qui ne s’arrête jamais...

Tripant !