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Série «Fugueuse»: beaucoup d’appels de parents en détresse

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Alors que la diffusion de la série «Fugueuse» sur les ondes de TVA provoque son lot d’inquiétude chez plusieurs parents, un organisme qui aide les femmes victimes d’exploitation sexuelle revendique une plus grande aide du gouvernement.

La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) affirme être «débordée» de demandes d’aide, sans avoir le soutien nécessaire pour assurer la poursuite de ses activités.

«On aide les femmes qui sont dans la prostitution, qui tentent d’en sortir et qui en sont sorties», explique Martine B. Côté, directrice de l’organisme qui offre un accompagnement juridique, psychologique, de même que de l’aide pour trouver un emploi et un logement.

Les demandes de parents inquiets sont, entre autres, nombreuses depuis la diffusion de «Fugueuse».

«Beaucoup plus d’appels, beaucoup d’inquiétude, beaucoup de détresse aussi de parents. Les parents qui nous appellent ces temps-ci, ce sont les parents de jeunes filles de 18-19 ans qui n’ont pas les recours que les parents de mineures ont. Ce n’est pas l’idéal les centres jeunesse, la DPJ, mais, au moins, les parents de mineurs ont ce recours-là. Quand votre fille a 18-19-20 ans, les parents nous disent qu’ils ne savent pas quoi faire et, en effet, c’est très troublant pour des parents d’avoir l’impression de perdre ce contact-là avec leur fille», affirme Mme Côté.

«On a aussi beaucoup d’appels de femmes qui sont sorties de la prostitution [...] et qui, là, en regardant la série, revivent des flashbacks, ont des traumatismes», ajoute-t-elle.

La CLES, qui n’a aucun appui financier récurrent de la part de Québec, souhaiterait que le gouvernement la finance et qu’il mette en place des mesures concrètes pour les victimes d’exploitation sexuelle.

«Effacer le casier judiciaire, alléger les dettes, alléger l’accès à l’aide sociale, donner un toit à une femme... C’est souvent ça la clé [...] pour reconstruire une identité», explique Martine B. Côté, ajoutant que seulement 35% des femmes arrivent à s’en sortir dès leur première tentative.

«Le gouvernement doit prévoir des mesures d’aide à la sortie aux femmes et nous donner les moyens de faire notre mission au quotidien. On ne sait jamais, d’année en année, si on va pouvoir fonctionner et c’est comme ça depuis 12 ans», conclut-elle.