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Des Jeux «extrêmes» pour NBC

Avec les sports nouveaux créés pour la télé et pour attirer des jeunes aux Jeux et devant les écrans, le Canada partait sur un pied d’égalité avec les grandes nations du sport d’hiver traditionnel.
Photo AFP Avec les sports nouveaux créés pour la télé et pour attirer des jeunes aux Jeux et devant les écrans, le Canada partait sur un pied d’égalité avec les grandes nations du sport d’hiver traditionnel.

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PYEONGCHANG | En revenant du hockey hier, on est entrés dans un resto coréen. Il y avait quelques confrères de Radio-Canada puisque c’était un resto cher. Mais dans le coin, discrète, il y avait surtout la grande Katarina Witt.

Tout le monde était bien excité. Elle s’est levée, est venue vers nous, a posé pour des photos. Je lui ai dit que j’étais tombé amoureux d’elle à Sarajevo, ce qui l’a sans doute beaucoup émue. Elle avait patiné sur Carmen de Bizet à Calgary et j’avais été encore plus conquis. Dans ce temps-là, Carmen mourait à la fin.

Et puis, en arrivant aux Jeux, j’avais aussi jasé avec Gaétan Boucher.

Lui aussi a marqué les Jeux de Sarajevo.

Et puis, je me suis rappelé comment ces Jeux avaient passé vite. Un gros flash, Katarina, Gaétan, Mario Gosselin dans le net du Canada et puis, bingo, les Jeux étaient finis. Vite, tellement vite que je suis allé vérifier. Je comprends, les Jeux de Sarajevo avaient duré 10 jours.

Des jeux extrêmes

Dix jours, ça laissait juste de la place pour les sports traditionnels. Les grands sports : ski alpin, ski de fond, patinage longue piste, bobsleigh, luge et hockey. Dix jours d’épreuves et bonsoir la visite, elle est partie.

Mais comment saigner la télé américaine en 10 jours de production ? C’était impossible. Il fallait étirer les Jeux sur trois fins de semaine. Donc sur 16 jours. Et ces six jours de plus, comment on va faire pour les remplir ?

Avec des dérivés des sports traditionnels et en allant puiser sans vergogne dans les sports « X » de la nouvelle génération.

C’est ce qui a donné le patinage de vitesse sur courte piste, les bosses, les sauts. Puis la planche, les différents slopestyles, le Big Air et tutti quanti...

Une chance pour le Canada

Cette explosion dans les épreuves, inventées ou divisées en catégories différentes, a été extraordinaire pour le Canada.

Avec ces sports nouveaux créés pour la télé et pour attirer des jeunes aux Jeux et devant les écrans, le Canada partait sur un pied d’égalité avec les grandes nations du sport d’hiver traditionnel. D’abord, on a pratiquement inventé certains de ces nouveaux sports. Et pour le reste, suffisait d’avoir les millions pour accoter la compétition des Américains, des Européens et des Asiatiques. Et grâce aux Jeux de Vancouver et d’À nous le podium, les millions étaient là.

Sans doute que l’objectif est atteint. Il doit y avoir des cotes d’écoute pour ces nouveaux sports puisque les télés continuent d’allonger le milliard. Et les compagnies d’équipement financent par en dessous le développement de ces sports maintenant « olympiques ». Ils sont anoblis.

Ça s’appelle le progrès. Ne manque plus qu’un bon tournoi de hockey avec les meilleurs pour que tout le monde et les bonzes soient contents.

Et le français, bordel ?

Je m’étais juré de ne pas m’étendre sur le sujet. Mais ce qui s’est passé au hockey m’oblige à quelques mots. La situation du français sur les sites avec les communications du Canada, c’est one way, La Langue supérieure presque exclusivement. D’ailleurs, le patron des communications ne parle pas trois mots de français. Ça se résume à hockey et ski.

Heureusement, Éric Myles et Isabelle Charest sont là. Et leur garde rapprochée. C’est chez les fédérations que ça fait dur.

Mais quand on ne peut savoir quelle langue parlent au juste Pépinot et Capucine, pour les plus jeunes c’est l’équivalent de Justin Trudeau et Mélanie Joly, comment voulez-vous qu’on ne se fasse pas entuber sur le terrain dans la vie de tous les jours ?

 

Les potins de Kim JOng-Un... et demi

La grande Katarina Witt

Avec les sports nouveaux créés pour la télé et pour attirer des jeunes aux Jeux et devant les écrans, le Canada partait sur un pied d’égalité avec les grandes nations du sport d’hiver traditionnel.
Photo Réjean Tremblay

PYEONGCHANG | La grande Katarina Witt est sans doute la patineuse artistique la plus célèbre de tous les temps. Médaillée d’or à Sarajevo et à Calgary, elle avait travaillé pour la télé américaine à Albertville. À Pyeongchang, elle est commentatrice pour la télévision allemande. Elle s’est fait un plaisir de poser en compagnie de Jacinthe Taillon et Alain Goldberg, qui décrivent justement le patinage artistique aux Jeux.

Le plus ému, c’était le photographe.

La Sausvastika, c’est religieux...

Avec les sports nouveaux créés pour la télé et pour attirer des jeunes aux Jeux et devant les écrans, le Canada partait sur un pied d’égalité avec les grandes nations du sport d’hiver traditionnel.
Photo courtoisie

J’avoue que je suis resté saisi. C’était quoi cette croix gammée sur la fenêtre d’une maison dans une ruelle de Gangneung ?

On s’est arrêtés, on a jeté un coup d’œil vers la porte, on a cherché des signes douteux. Y a quand même pas des nazis en Corée du Sud ? Y a quelque chose qui ne marchait pas dans la patente.

J’ai pris quelques photos et je me suis informé. La Sausvastika coréenne est une croix qui n’a pas le même sens de rotation que la croix gammée nazie. Elle est dans le sens inverse. Et c’est tout simplement un signe religieux comme un crucifix pour les chrétiens. Un signe de paix et d’harmonie.

Mais pour un œil occidental, la première fois que t’en vois une, le choc est garanti.

District 31 à Gangneung

Vous le savez peut-être, mais les téléromans coréens fonctionnent à fond. Il y en a une dizaine par jour sur les écrans coréens. Et ils sont exportés partout en Asie.

Hier, on a découvert dans un quartier du centre-ville où on tournerait le District 31 coréen si Luc Dionne exportait ses histoires dans le coin. Un vrai poste de police de quartier. Comme à Montréal, sauf que les chars sont propres.