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Des infirmières victimes de menaces racistes

Deux femmes d’origine haïtienne ont trouvé un message haineux sur leur voiture

<b>Jasmine Gervais</b><br /><i>Infirmière</i>
Photo tirée de Facebook Jasmine Gervais
Infirmière

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Deux infirmières de Saint-Jérôme d’origine haïtienne ont récemment trouvé un message de menaces à caractère raciste sur le parebrise de leur voiture, dont les pneus avaient été crevés, alors qu’elles finissaient leur quart de travail.

« Retoune [sic] dans ton pays, je ne veux plus te vois [sic] à Youville, tu viens volé [sic] notre job, 1er avertissement, la prochaine fois je vais aller chez vous, je vais te fais [sic] comprendre ca [sic] va être tard pour toi... », indiquait le papier collé sur les deux véhicules.

Un message haineux a été collé sur le parebrise de la voiture de deux infirmières d’origine haïtienne qui travaillent au Centre d’hébergement Youville, à Saint-Jérôme.
Photo Courtoisie
Un message haineux a été collé sur le parebrise de la voiture de deux infirmières d’origine haïtienne qui travaillent au Centre d’hébergement Youville, à Saint-Jérôme.

Jasmine Gervais et Viviane Saint-Louis sont sous le choc depuis qu’elles ont découvert ce message, la nuit du 17 janvier, dans le stationnement du Centre d’hébergement Youville, où elles travaillent respectivement depuis quatre et huit ans.

« On a eu très peur, raconte Jasmine Gervais. Moi, j’ai trois enfants, alors j’avais peur que la personne qui a fait ça me suive jusque chez moi et fasse mal à ma famille. »

Les pneus de leur véhicule ont également été crevés.
Photo Courtoisie
Les pneus de leur véhicule ont également été crevés.

La police de Saint-Jérôme a aussitôt été appelée sur place. Un dossier a été ouvert, mais les femmes ont choisi de ne pas porter plainte, préférant rencontrer d’abord leur chef d’unité.

Inacceptable

Des caméras ont depuis été installées dans le stationnement du centre d’hébergement et des agents de sécurité sont désormais disponibles pour escorter les employés à leur véhicule la nuit.

Une enquête interne a été ouverte au CISSS des Laurentides. L’auteur de ces actes haineux n’a toujours pas été identifié, indique Thaïs Dubé, agente d’information.

« Les victimes ont été rencontrées par leur gestionnaire pour voir quels étaient leurs besoins en terme de soutien, dit-elle. On a un programme d’aide aux employés vers lequel elles ont été référées. »

« On déplore cet événement, que l’on juge inacceptable, ajoute-t-elle. Ici, c’est tolérance zéro pour tout ce qui est discrimination et intimidation. »

Arrêt de travail

Malgré les mesures de sécurité déployées, Jasmine Gervais a cessé de travailler quelques jours après l’incident.

« Je ne dormais plus parce que j’étais trop inquiète, explique la femme de 47 ans. J’avais constamment la migraine. Je suis allée voir mon médecin et il m’a dit que je devais me reposer. Je devrais être de retour la semaine prochaine. »

Au Québec depuis 20 ans, Mme Gervais affirme que c’est la première fois qu’elle est victime d’un tel acte raciste.

« On entend souvent qu’il y a du racisme à Saint-Jérôme, parce qu’il n’y a pas beaucoup d’immigrants ici, dit-elle. Mais moi, je n’ai jamais eu de problèmes avec ça, en tout cas rien d’aussi grave. »