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Deux leaders de la mafia acquittés de gangstérisme

Un juge a estimé que la police les avait enregistrés illégalement en 2015

Comparution famille Rizzuto
JMTL Leonardo Rizzuto au procès de Nick Rizzuto. Il est accompagné de son frère Nicolo Rizzuto Jr, assassiné en 2009 dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce.

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Deux piliers de la mafia montréalaise que la police avait enregistrés à leur insu dans un bureau d’avocats ont été acquittés de gangstérisme, lundi, parce que la preuve a été recueillie illégalement.

C’est la décision massue qu’a rendue le juge Eric Downs en faveur de Stefano Sollecito et de Leonardo Rizzuto, qui ont ainsi réussi à faire exclure l’écoute électronique avec laquelle les policiers espéraient pouvoir les faire condamner.

Le juge a conclu que « les agents de l’État » ont « priorisé » leur enquête au détriment du secret professionnel protégeant les conversations privées entre les avocats et leurs clients.

Une première

En 2015, Sollecito et Rizzuto étaient considérés comme les deux principaux leaders de la mafia italienne.

Pour les coincer, les policiers ont joué d’audace et tenté une première au Canada : enregistrer les suspects à leur insu en plantant des micros à l’intérieur du bureau de Me Loris Cavaliere, l’avocat de longue date du clan Rizzuto.

Les enquêteurs avaient eu l’aval d’un juge pour épier les suspects qui tenaient des réunions de « business » dans la salle de conférence de l’avocat.

Loris Cavaliere, Coupable
Photo d'archives
Loris Cavaliere, Coupable

 

« Cumul de violations »

Sollecito et Rizzuto ont notamment été enregistrés, en août 2015, en train de discuter d’activités illicites, de territoires de vente, de « taxes » à verser aux Hells Angels et de possibles recours à la violence pour rester en contrôle.

Toutefois, le juge Downs estime que l’exécution de ce moyen d’enquête a été « défaillante, voire négligente ».

Elle a mené à un « cumul de violations » de droits constitutionnels des requérants et de « tiers innocents », soit d’autres avocats du même cabinet et leurs clients qui n’auraient pas dû être épiés.

« Un bureau d’avocats est un sanctuaire et on n’y entre pas comme dans un entrepôt », a commenté la criminaliste Danièle Roy, qui défendait Stefano Sollecito.

Le juge a acquitté les deux accusés après que la Couronne eut annoncé qu’elle n’aurait pas d’autre preuve à offrir que celle qu’il venait d’écarter.

Détenu, Leonardo Rizzuto fait toujours face à des accusations pour possession de cocaïne et de deux pistolets semi-automatiques que les policiers avaient saisis à son domicile de Laval dans cette affaire.

Loris Cavaliere s’était reconnu coupable de gangstérisme sans contester l’écoute électronique effectuée dans son bureau. Il a obtenu sa libération conditionnelle après avoir purgé le tiers de sa peine de 34 mois, en novembre dernier.

Leonardo Rizzuto

Comparution famille Rizzuto
Photo d'archives

 

  • Avocat de 49 ans et fils de l’ex-parrain Vito Rizzuto.
  • Nommé à la table de direction de la mafia montréalaise après la mort de son père en 2013.
  • Son frère Nick Jr. et son grand-père Niccolo ont été assassinés en 2009 et en 2010.

Stefano Sollecito

Comparution famille Rizzuto
Photo d'archives

 

  • 49 ans, fils du mafieux Rocco Sollecito, qui a été assassiné en 2016.
  • Chef par intérim de la mafia montréalaise lors de son arrestation en 2015.
  • Surnommé « Sauce », il combat un cancer depuis trois ans.