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Fonds vert et dette du métro de Laval: Québec demande des vérifications

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Photo d'archives Simon Clark «On veut s’assurer que chaque dollar qu’on investit dans le Fonds vert s’en va à la réduction des émissions de GES», a martelé la ministre de l’Environnement, Isabelle Melançon.

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La ministre Isabelle Melançon demandera des vérifications sur l’usage du Fonds vert par le ministère des Transports, qui utilise les millions de la lutte aux changements climatiques pour rembourser de vieilles dettes.

«J’ai un objectif, et je veux réduire les gaz à effet de serre (GES) de 20 % pour 2020. On veut s’assurer que chaque dollar qu’on investit dans le Fonds vert s’en va à la réduction des émissions de GES», a martelé la ministre de l’Environnement lundi.

Notre Bureau parlementaire a révélé que des dizaines de millions de dollars du Fonds vert sont utilisés pour rembourser les dettes des vieux projets du prolongement du métro de Laval et du Train de l’Est.

En 2015-2016, le ministère des Transports (MTQ) a décaissé 110 M$ pour le métro de Laval, pourtant lancé sous le gouvernement Landry et mis en service en 2007. Au moment de l’inauguration du métro, le Fonds vert venait à peine d’être créé. Le MTQ a aussi payé 114 M$ pour le Train de l’Est, annoncé en 2007 et livré en 2014. Une bonne partie de ces sommes sont financées par le Fonds vert, selon un document présenté à des élus et obtenu par notre Bureau parlementaire.

Mme Melançon a affirmé qu’elle «attend toujours des réponses» et qu’elle a demandé des comptes à la présidente du conseil de gestion du Fonds. «Je veux savoir si le comité de gestion a été mis au courant. J’attends de parler avec la présidente», a-t-elle dit. Dans une communication écrite avec Le Journal, le Comité a cependant indiqué qu’il appuyait la décision du MTQ.

De la «mauvaise gestion libérale»

Les partis d’opposition déplorent que ce cas fasse «encore une fois» la démonstration de la mauvaise gestion du Fonds vert par le gouvernement libéral.

«Ce n’est pas acceptable. Ça devient une taxe déguisée pour payer des projets passés», dénonce le député péquiste Sylvain Gaudreault. «On n’a pas créé le Fonds vert pour ça».

Plutôt que de laisser au MTQ le choix des projets financés dans une logique de «silo», M. Gaudreault propose un ministère de l’Environnement, du climat et de l’énergie qui chapeauterait toutes les sommes du Fonds. 

À la CAQ, on estime que l’argent qui vient majoritairement des automobilistes devrait servir à financer de nouveaux services de transport collectif ainsi qu’à construire en masse des bornes de chargement pour véhicule électrique. «C’est censé être des projets futurs pour réduire les GES», a dit le député caquiste Mathieu Lemay.

«C’est scandaleux d’apprendre qu’on utilise le Fonds vert pour éponger les dettes du ministère des Transports, mais est-ce vraiment surprenant de la part des libéraux? Le Fonds vert est un fourre-tout depuis le début», a déploré de son côté la co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé.