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Infestation d'insectes dans une salle d'opération: «Nos hôpitaux sont vieillissants», déclare Barrette

Periode des questions
Photo Simon Clark Le ministre de la Santé Gaétan Barrette

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L’enjeu numéro un de la santé au Québec est le renouvellement de l’infrastructure vieillissante a estimé le ministre Gaétan Barrette, réagissant au problème d’insectes au bloc opératoire de l’hôpital Charles-LeMoyne.

Le Journal révélait, mardi, qu’une coccinelle s’était posée au travers de bistouris durant une intervention chirurgicale le 3 novembre dernier à cet hôpital de la rive sud de Montréal.

Pourtant, des travaux évalués à 700 000$ avaient été effectués pour enrayer les infestations d’insectes. La direction avait d’ailleurs affirmé en septembre que le problème était réglé. Mais seulement en novembre et décembre 2017, deux coccinelles, trois fourmis, deux mouches et une mouche à fruits ont été observées au bloc opératoire selon un rapport.

Depuis 2016, 34 observations d’insectes ont été faites à cet endroit où un problème d’humidité a aussi été constaté.

«Dans n'importe infrastructure, il peut y avoir des infestations et des infiltrations d'eau. Dans cet hôpital des gens choisissent de le publiciser. C'est malheureux. Ça inquiète les gens», a tout d’abord déclaré le ministre de la Santé, ce matin.

Des bâtiments qui datent

Gaétan Barrette a ensuite mis en lumière l’âge des hôpitaux de la province.

«L'enjeu le plus important au Québec (en santé) ce n'est pas la première ligne. Je ne veux pas vexer les médecins ou le personnel, mais c'est l'infrastructure. La majorité des hôpitaux au Québec ont été bâtis dans les années 1950 et au début des années 1960. Nos hôpitaux sont vieillissants et les reconstruire coûte extrêmement cher (...) Je peux vous nommer des blocs opératoires ailleurs au Québec qui sont dans une situation équivalente (à celui de l’hôpital Charles-LeMoyne)», a-t-il précisé.

Reconnaissant le contexte électoral, il en a profité pour ajouter que les remettre à niveau exigeait des marges de manœuvre, et en a profité pour dresser un bilan positif de la gestion des deniers publics de son gouvernement.

Nouveaux travaux

Une trentaine de chirurgiens et anesthésistes de l’hôpital Charles-LeMoyne ont envoyé une lettre au ministre au début du mois de février pour réclamer des travaux d’urgence.

«La solution est de procéder à la réfection du bloc opératoire. L'institution nous a soumis un projet en décembre. Il faut l’analyser et le quantifier. C’est ce que l'on est en train de faire», a lancé M. Barrette.

Par contre, à court terme, puisqu’il n’est pas envisageable de fermer le bloc, il entend aller dans le sens de la demande du personnel de l’hôpital. «On doit continuer à l’opérer de façon sécuritaire en faisant les travaux nécessaires pour que ça ne se reproduise plus, en attendant qu’une décision soit prise sur le projet déposé.»

Le ministre estime que la construction d’un nouveau bloc opératoire prendrait au moins trois ans, et encore plus s’il s’agissait de le rénover.