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[PHOTOS] Voici comment s'entraîne David Saint-Jacques, le prochain astronaute à s'envoler pour la Station spatiale

[PHOTOS] Voici comment s'entraîne David Saint-Jacques, le prochain astronaute à s'envoler pour la Station spatiale
Alexandre Legault-Déry

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HOUSTON, Texas | L’Agence spatiale canadienne a invité les médias à documenter l’entraînement de David Saint-Jacques, le prochain astronaute à s’envoler pour la Station spatiale internationale en novembre 2018, lors de l’expédition 58/59. Nous sommes sur les lieux.
 
L’entraînement se déroule au Johnson Space Center, à Houston au Texas, la Mecque de l'exploration spatiale. Saint-Jacques s’entraîne également en Russie, proche d’où la mission à laquelle il participe sera lancée (l'expédition 58/59) dans quelques mois. 
 

Qui est David Saint-Jacques?

Recruté comme astronaute en 2009, Saint-Jacques s’entraîne pour sa première mission à bord de la Station spatiale internationale. Son entraînement dépasse celui d'un simple astronaute, dans la mesure où il doit connaître la Station spatiale internationale comme le fond de sa poche, être familier avec les expériences scientifiques qui seront menées à bord et maîtriser les nouvelles technologies qui y seront testées.
 

Entraînement 1: consultation sur le système interne de régulation thermique

Cette formation est déterminante pour tous les astronautes qui séjourneront à bord de la station, pour au moins deux raisons. Tout d’abord, des équipements informatiques (absolument cruciaux pour le bon fonctionnement de la Station) roulent 24 heures et 24, 7 jours sur 7, générant par le fait même beaucoup de chaleur, chaleur qui se doit d'être évacuée. Ensuite, les parois extérieures de la station subissent des écarts de température majeurs, allant de 121°C du côté ensoleillé à -157°C du côté ombragé.
 
Pour que les astronautes soient confortables, pour que les expériences scientifiques puissent se faire et pour que les systèmes informatiques puissent fonctionner, il faut que la température soit confortable et constante. Saint-Jacques et ses collègues doivent donc comprendre comment le système de régulation thermique fonctionne.
 
En somme, il s’agit de tuyaux dans lesquels de l’eau circule constamment. Cette eau emmagasine la chaleur de l’équipement informatique et la diffuse dans un échangeur de température. L'eau est refroidie par cet échange et la boucle recommence. Puisque ce système roule en tout temps, un entretien constant est requis. 
 
David Saint-Jacques reçoit les instructions des formateurs du système de régulation thermique de la Station spatiale internationale.
Alexandre Legault-Déry
David Saint-Jacques reçoit les instructions des formateurs du système de régulation thermique de la Station spatiale internationale.

 

Entraînement 2: formation sur l'échantillonnage biologique

Chaque astronaute de la station est une expérience en soi. Le corps humain, soumis à l’absence de gravité, subit différents dommages qu’il faut surveiller, et au mieux contrôler. Et quel meilleur moyen de connaître ce qui se déroule dans son corps qu’en analyser ses fluides!
 
Blague à part, les astronautes doivent régulièrement collecter divers «échantillons biologiques» (comprenant salive, sang, urine et matières fécales) afin de surveiller leur état de santé et aussi mieux comprendre comment le corps humain réagit à la vie dans l’espace.
 
Le but de cette formation est de savoir comment collecter ces matières (en apesanteur, ce n’est pas si simple), quoi en faire (certains échantillons ont besoin d’être congelés, certains doivent être mélangés avec des produits causant une réaction chimique, par exemple) et comment bien les entreposer.
 
David Saint-Jacques écoute attentivement les instructions pour bien recueillir ses échantillons biologiques.
Alexandre Legault-Déry
David Saint-Jacques écoute attentivement les instructions pour bien recueillir ses échantillons biologiques.

 

La capsule Orion

Nous profitons de notre présence dans l’édifice des répliques des véhicules spatiaux pour en apprendre davantage sur le programme Orion, qui est le prochain programme ambitieux de la NASA.
 
Une réplique de la capsule Orion.
Alexandre Legault-Déry
Une réplique de la capsule Orion.

Le but d’Orion est d’envoyer des humains sur la Lune (voire plus loin). Comme dans le cas du programme Apollo, les mission d’Orion sont graduelles.

En ce moment, Orion n’a effectué qu’un vol, en 2014. Le prochain est prévu fin 2019-début 2020.
 
La capsule Orion reviendra sur Terre non pas en ligne droite, mais plutôt en ricochant sur l’atmosphère. En effet, si elle revenait en ligne droite, la chaleur serait trop intense. Une entrée par ricochets ressemble à une roche qu’on jette sur la surface de l’eau et qui rebondit. Autrement dit, la capsule, très chaude et très rapide, s’approche de la Terre, rebondit sur l’atmosphère, retourne dans l’espace où elle perd un peu de vitesse et de chaleur, revient rebondir un peu plus proche de la surface de la Terre, perd encore un peu plus de chaleur et de vitesse, rebondit à nouveau, ainsi de suite et ce, jusqu’à l’amerrissage.
 

Centre de contrôle de mission

Nous avons également vu le Centre de contrôle de mission, d’où la Station spatiale internationale est surveillée et contrôlée 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
 
La mythique salle du Centre de contrôle de mission.
Alexandre Legault-Déry
La mythique salle du Centre de contrôle de mission.

 

Entraînement 3: ARGOS

ARGOS est l’acronyme de «Active Response Gravity Offload System», soit un robot simulant la microgravité. ARGOS calcule, en temps réel, tous les mouvements exécutés par la personne qui effectue l’entraînement et compense la force déployée afin de simuler l'apesanteur. Il a été développé en 2007-2008.
 
Il vole!
Alexandre Legault-Déry
Il vole!

C’était la première fois que David Saint-Jacques testait cette impressionnante structure et il y semblait déjà fort doué. Le truc est de ne jamais lâcher les nombreuses poignées!

 
Il plane!
Alexandre Legault-Déry
Il plane!

ARGOS peut simuler l’apesanteur, mais également la gravité de la Lune et celle de Mars.

C'est Super David Saint-Jacques!
Alexandre Legault-Déry
C'est Super David Saint-Jacques!

 

Entraînement 4: appareils de conditionnement physique de la Station Spatiale Internationale

 
La vie dans l’espace est très dure sur le corps humain. Les os s’affaiblissent et le système vasculaire vieillit précocement. Pour contrer ce «déconditionnement», les astronautes de la Station spatiale internationale doivent faire de l’activité physique intense durant 2,5 heures, 6 jours par semaine.
 
Il y a trois appareils d’exercice physique à bord de la Station spatiale internationale, et les trois sont présents sur Terre afin que les astronautes puissent se familiariser avec leur fonctionnement et leur entretien: un tapis roulant, un vélo stationnaire et une machine de poids et haltères.
 
L'entraînement sur la machine des poids et haltères. C'est le jour des jambes!
Alexandre Legault-Déry
L'entraînement sur la machine des poids et haltères. C'est le jour des jambes!

Saint-Jacques, déjà très en forme, est tout de même bien sollicité par l’exercice; ce n’est pas facile!

 
Le vélo stationnaire est plus épuisant qu'il n'y paraît.
Alexandre Legault-Déry
Le vélo stationnaire est plus épuisant qu'il n'y paraît.
 
Pour voir comment s'est déroulé la journée à la NASA, vous pouvez aller consulter les stories sur l'Instagram d'En 5 Minutes.

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