/opinion/columnists
Navigation

Un caméléon sur une courtepointe

Justin Trudeau était en Inde hier, accompagné de sa femme Sophie ainsi que ses enfants Ella-Grace, Hadrien et Xavier.
Photo afp Justin Trudeau était en Inde hier, accompagné de sa femme Sophie ainsi que ses enfants Ella-Grace, Hadrien et Xavier.

Coup d'oeil sur cet article

Justin Trudeau ne peut s’en empêcher­­­.

Dès qu’il rencontre un membre d’une communauté culturelle, il faut qu’il porte un costume folklorique.

C’est plus fort que lui.

Il l’a fait encore en Inde. Il a porté un costume traditionnel indien... à côté de dignitaires indiens qui, eux, portaient un veston et une cravate !

Un Japonais t’invite à souper chez lui ? Tu arrives costumé en samurai.

Bien oui ! Ça tombe sous le sens !

PROJECTION FREUDIENNE

Dans une célèbre entrevue qu’il a accordée au New York Times, notre PM a déclaré que le Canada n’avait pas d’identité qui lui est propre.

En fait, plus ça va, plus je pense que c’est lui qui n’a pas d’identité qui lui est propre !

Justin Trudeau projette ses problèmes sur le pays tout entier.

Il n’a pas d’identité ? Alors c’est tout le Canada qui n’a pas d’identité !

Pour reprendre la thèse que le philosophe Michel Onfray développe dans Le Crépuscule d’une idole, c’est exactement ce que Freud faisait. Le père de la psychanalyse voulait secrètement coucher avec sa mère ? Alors ce sont tous les hommes qui veulent coucher avec leur mère !

L’art de transformer un problème personnel en problème collectif.

Comme ça, c’est beaucoup moins lourd à porter.

Ce n’est pas toi qui as un problème. Ce sont des millions de gens ! Tu es un parmi des millions !

Tu veux rendre Justin fou ? Tu l’invites à souper avec un Amérindien, un Indien et un sikh.

Le gars ne saura plus comment se déguiser !

C’est comme mettre un caméléon sur une courtepointe.

Il change de couleur toutes les deux secondes, comme une lampe psychédélique.

COMME CLAUDE MEUNIER

C’est tellement ridicule, tellement grotesque que ça en devient triste.

Non seulement Justin Trudeau ne sait pas qui il est vraiment, mais il a constamment besoin d’attention. Il faut toujours qu’il se déguise pour capter l’attention des caméras.

Quand ce ne sont pas des bas Star Wars, c’est un costume de calife tout droit sorti des Aventures d’Iznogoud.

On dirait un enfant de cinq ans.

« Oui, mais c’est un multi­culturaliste », disent les petits lapins hyper sensibles qui likent chacun de ses selfies.

Mais vous ne voyez pas que ce multiculturalisme de pacotille est plus insultant qu’autre chose ?

Ça me fait penser à ce sketch génial que Claude Meunier avait présenté dans le Bye Bye de 1981.

Un Québécois de souche reçoit un Haïtien à souper.

Pour mettre son invité à l’aise, et pour qu’il se sente « comme chez lui », il s’assoit par terre, se met en bedaine et lui offre de manger avec ses mains.

Il se croit respectueux, mais dans le fond, il est blessant, offensant, raciste­­­.

Il réduit son invité à une caricature folklorique, un cliché ambulant.

UNE PAGE BLANCHE

C’est drôle, quand même : Justin Trudeau ne cesse de célébrer la culture « des autres », mais quand on parle de la culture canadienne, il dit qu’elle n’existe pas.

Toutes les communautés ethniques ont une culture et une identité... sauf nous.

Nous, on est une page blanche.

C’est le multiculturalisme dans ce qu’il a de plus bête, de plus stupide.

De plus pathétique.