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Des voleurs crient au vol!

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Photo AFP C’est à cause du vol de la médaille d’or à Jamie Sale et David Pelletier, en 2002 à Salt Lake City, que celle de Tessa Virtue et Scott Moir est loyale, honnête et protégée.

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PYEONGCHANG | Ben ! Ça, c’est le boutte de la chenoutte ! Les plus grands tricheurs de l’histoire olympique du patinage artistique, ci-nommés les Français, accusent une juge canadienne de manquer à l’éthique.

Pas de manquer aux règles, non, de manquer à l’éthique. Alors que de toute façon, depuis la réforme de la notation en patinage, justement provoquée par la tricherie des Français, la note de Mme Leonna Caron n’a sans doute pas eu d’effet sur le score final.

V’là que Paris Match, ce grand magazine reconnu pour ses cabanes et ses tipis sur la rue Sainte-Catherine dans ce froid Canada de nos lointains cousins, déchire sa future couverture. Et les autres médias embarquent, évidemment, puisque les Français se font torcher à ces Jeux.

Faut pas être gêné

Vous en voulez une, une belle histoire de tricherie et de vol ? Je vais vous la raconter, j’étais là. À l’aréna de Salt Lake City, en 2002 et dans le centre de presse principal où on a été littéralement enfermés pendant quatre jours pour débusquer la tricheuse, la juge Marie-Reine Le Gourgne et son chef de gang, le président de la fédération française de patinage, Didier Gailhaguet.

La tricherie était fabuleusement bien organisée. En style libre, les juges des quatre anciens pays du bloc communiste, Pologne, Ukraine, Russie et Chine, allaient voter pour les patineurs russes. Quoiqu’il arrive. Les juges des États-Unis, de l’Allemagne, du Canada et du Japon voteraient selon les performances.

Restait la juge française. C’était tellement flagrant que Jamie Sale et David Pelletier, qui avaient patiné sur Love Story, avaient survolé la compétition que les commentateurs des télés américaine, canadienne, allemande, des anciens patineurs, clamaient leur or dans les secondes qui ont suivi les dernières notes de la chanson.

Puis, les résultats ont été rendus publics. Et on a vite constaté que la juge française Marie-Reine Le Gourgne avait préféré les Russes.

Un scandale énorme

Un ouragan balaya l’Amérique. Le USA Today, le New York Times, plusieurs médias européens se lancèrent dans une enquête. Pressée de toutes parts, la juge Le Gourgne finit par avouer que son président de fédération, Didier Gailhaguet, avait conclu un marché avec les Russes. Mme Le Gourgne assurait l’or en style libre et les Russes laissaient passer le couple français en danse plus tard dans la semaine.

J’ai participé à des conférences de presse hallucinantes. Le ministre des Sports, Denis Coderre, suivait l’événement de Paris, où il était en mission, et m’appelait en direct pour me glisser une question à l’oreille. Et cette fois-là, j’avais été très fier de ma collègue Christine Saint-Pierre, de Radio-Canada. Elle t’avait planté une question au président de l’ISU l’Italien Ottavio Cinquanta avec un aplomb d’anthologie !

Avant la fin de la semaine, le CIO, représenté par Jacques Rogues, décidait de remettre une deuxième médaille d’or au couple Jamie Sale et David Pelletier.

Puis, les années suivantes, la Fédération internationale modifia de fonds en comble le système de notation, pour éviter toute tricherie à l’avenir.

Dix ans plus tard, dans une entrevue-mémoire, Marie-Reine Le Gourgne confessait qu’elle avait participé au complot organisé par la fédération française et son président Gailhaguet.

Bravo Tessa Virtue et Scott Moir

Tessa Virtue et Scott Moir sont assez âgés pour se rappeler les scandaleux incidents de Salt Lake City. Probablement qu’ils ont pleuré le lundi soir quand ils ont assisté en direct au vol de la médaille d’or de Jamie Sale et David Pelletier.

C’est à cause de ce vol que leur médaille d’or est loyale, honnête et protégée. Que les voleurs crient au vol, personne ne va les prendre au sérieux.

Une coupe de champagne avec ça ?

DANS LE CALEPIN : Juste pour préciser, Mark Halliday, de Hockey Canada, n’est pas le pire dans les communications des organismes de sport au Canada. Loin de là. Il est juste coincé dans un système qui méprise ouvertement les droits des francophones du pays.

Pis Tricia, c’est quand notre entrevue qui devait avoir lieu samedi passé ?

Les potins de Kim Jong-un ...et demi

Des feux sur la plage

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Photo Didier Debusschère

Ben et Didier, les deux photographes du Journal, ont eu le temps d’aller flairer l’air marin sur la plage. Disons que ça donne le goût de revenir à Gangneung au mois d’août après la saison des pluies. Tu te loues la nouvelle Yamaha Venture à Séoul et tu décolles sur deux roues. On est écœurés des montagnes en autobus, mais pas besoin d’une grande imagination pour se projeter sur un 1800 ccs dans une enfilade de virages. En plus, il y a des dizaines de ces bûchers sur la plage. On devrait les allumer le soir de la cérémonie de clôture.

Enfin du français aux jeux

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Photo courtoisie

Je croyais halluciner. Je revenais de l’entraînement du Canada au Centre de hockey de Gangneung quand je suis passé devant ce poste de police. Lisez attentivement et vous allez voir ce qui cloche. Il y a plus de français sur l’affiche du poste que sur toutes les stations de police de Toronto mises ensemble.

Enfin du français aux Olympiques. Certains ont oublié que le français était la langue officielle des Jeux. Bonjour-Hi !

Dopage au curling mixte

Comment on peut se faire pogner pour dopage au curling mixte ? Passer le balai dans la cuisine le jeudi, jour de ménage, ça n’a jamais fait mourir un homme. S’agit de connaître les bons mots à dire : « Oui chérie, t’as raison chérie ». Moins tu résistes, plus t’es débarrassé vite. C’est comme regarder un match de curling à la télé. Il ne faut surtout pas lutter contre le sommeil...