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La bataille des taxes scolaires

conseil des ministres
Photo Simon Clark Philippe Couillard devra réviser ses arguments contre un taux de taxe scolaire unique au Québec, tel que proposé par la CAQ.

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La CAQ aura fort à faire pour expliquer comment elle financera une baisse de taxe scolaire supplémentaire de 700 millions $ en plus de celle déjà annoncée par le gouvernement libéral. Mais la défense de Philippe Couillard contre un taux provincial uniformisé à la baisse, elle, est trouée comme un Gruyère !

Rappelons les faits. Juste avant le congé de Noël, le gouvernement Couillard a pris tout le monde par surprise en annonçant une réduction de 600 millions $ de la taxe scolaire, via une uniformisation du taux à la baisse à l’intérieur de chaque région.

Pourtant, les documents remis lors de la mise à jour économique quelques jours auparavant n’en faisaient aucune mention.

Le chef caquiste a doublé la surprise à la rentrée en s’engageant à uniformiser le taux de taxe scolaire partout au Québec en fonction du plus bas, ajoutant un autre 700 millions $ dans les poches des propriétaires.

Ainsi, peu importe l’endroit, la taxe scolaire payée serait de 269 $ pour une maison de 280 000 $, alors qu’elle s’élèverait à 789 $ en Mauricie et au Saguenay Lac-Saint-Jean, par exemple, si les libéraux restaient au pouvoir.

La semaine dernière au Salon bleu, le premier ministre a fait la leçon à François Legault, qui lui demandait comment il pouvait défendre des taux de taxe aussi différents d’une région à l’autre.

« Si le territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean est beaucoup plus grand que le territoire de l’Abitibi-Témiscamingue, ce qui est le cas, ça coûte pas mal plus cher pour faire le transport scolaire. Est-ce que vous me suivez, M. le chef de la deuxième opposition ? », avait lancé Philippe Couillard avec l’approbation enthousiaste de ses troupes.

« Allô, la Terre ! Ça coûte plus cher, avec deux fois plus de surface », rigolait-il encore.

Oups !

Or, les chiffres compilés depuis par la CAQ démontrent que le coût du transport par élève est de 1190 $ en Abitibi, comparativement à 875 $ dans la région des bleuets. Oups !

François Legault a pu le lui remettre sur le nez hier.

« Ça vient de faire patate, son affaire [...] son argument était peut-être brouillon », a-t-il répliqué, le triomphe modeste.

Dans les faits, même à l’intérieur du gouvernement, il y a une certaine jalousie à l’égard de l’idée de la CAQ.

« Il nous a un peu eus avec son taux unique au Québec », a reconnu une source.

Surenchère

Mais est-ce vraiment possible de diminuer partout le taux de taxe scolaire à 10 cents, sans compromettre des services ou l’équilibre des finances publiques ? Au gouvernement, on croit que non, et que Legault a péché par excès.

Est-ce que cette surenchère de baisse de taxe fera mal au PLQ le 1er octobre ?

« Moi, personne ne m’a parlé de ça, pas une fois », soutient un élu libéral qui craint beaucoup plus un ressac contre le gouvernement en raison du sombre portrait en santé.

« Chez nous, c’est le manque d’infirmières, de préposés, leurs conditions de travail... ça, c’est criant. »

Et la bataille de l’opinion publique, en santé, reposera sur les épaules du ministre Gaétan Barrette...