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Le lent déclin de la rue Sainte-Catherine

Le lent déclin de la rue Sainte-Catherine
SARAH DAOUST-BRAUN/24 HEURES/AGENCE QMI

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Éprouvée par la fermeture de 60 commerces en cinq ans, la rue Sainte-Catherine vit des moments difficiles qui ne sont pas sur le point de se terminer avec le début de ses travaux de réaménagement, dont la première phase durera quatre ans.

Au lendemain de l'annonce de la fermeture des magasins de mode Garage et Dynamite, 14 locaux étaient fermés ou à louer entre les rues Jeanne-Mance et Metcalfe lors du passage du 24 Heures, mardi, sur la célèbre artère.

Une combinaison de facteurs explique le lent déclin de la rue. Le manque de cohésion entre les différents commerces, l’absence d’espaces de stationnement à l’extérieur, le commerce en ligne sont quelques-unes des raisons qui forcent les commerçants à fermer, croit un important courtier immobilier qui a préféré garder l’anonymat. Selon lui, 60 fermetures en 5 ans, c'est beaucoup.

«Avec l’arrivée des travaux, les étoiles ne sont tout simplement pas alignées», a-t-il affirmé. Selon lui, les commerçants verront leur chiffre d’affaires baisser de 20 % à 30 % le temps de la réfection.

Le courtier immobilier David Malka, qui travaille pour le groupe Sutton, se veut moins alarmiste. «Il y six mois, il y avait beaucoup de commerces vacants. Depuis deux, trois mois, ça va mieux. On reçoit l’attention de gros joueurs et des compagnies de Toronto se sont montrées intéressées», a-t-il soutenu.

Ce dernier est présentement à la recherche d’un client pour louer le local laissé vacant par La Vie en Rose sur Sainte-Catherine, au coût de 41 280 $ par mois.

Miser sur l’expérience

Il est impossible de mettre le doigt sur l’origine précise du bobo, sont d’avis deux experts en marketing de HEC Mnotréal consultés par le «24 Heures».

«En ce moment, il y a un basculement vers un type de commerce où l’expérience est davantage mise de l’avant, comme le Apple Store ou le Urban Outfitters. Ce ne sont pas nécessairement des places pour acheter, mais les consommateurs vont là pour tester un produit et vivre un moment», a indiqué le professeur adjoint Matthew Philp.

Les habitudes de consommation des gens ont changé dans les dernières années et la fermeture de commerces de détail est une tendance mondiale, a précisé son collègue Ali Tezer. « Le problème, c'est que certains commerçants ont plus de misère que d’autres à s’adapter et ils doivent alors fermer leurs magasins», a-t-il expliqué.

Deux plans à venir

L’administration de la mairesse Valérie Plante n’a pas voulu commenter la situation mardi, précisant simplement qu’un plan de commerce pour aider les détaillants sera dévoilé prochainement.

Un plan de revitalisation de la rue, qui pourrait entre autres prévoir l’ajout de nouvelles places publiques et l’élargissement des trottoirs, sera aussi présenté bientôt par le responsable des grands projets au comité exécutif, Luc Ferrandez.

L’administration abandonnera d’ailleurs l’installation de trottoirs chauffants sur l’artère, un projet qui avait été prévu au départ par l’ancienne administration de Denis Coderre.

- Avec la collaboration de Francis Pilon, «24 Heures»

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