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Bon anniversaire Télé-Québec!

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Télé-Québec (née Radio-Québec) a 50 ans aujourd’hui et on célébrera toute la journée sur ses ondes. Comme le quotidien Le Devoir, le réseau de télévision publique du Québec a toujours eu plus d’influence et de notoriété qu’il a eu d’audience. Cela en dit beaucoup sur l’excellence de sa programmation au cours de ce demi-siècle.

Télé-Québec en a fait tellement pour les jeunes et les enfants que Radio-Canada, qui les avait conquis d’emblée avec Pépinot et Capucine, La boîte à Surprise, Bobino, CFR-CK et tant d’autres émissions, a presque capitulé devant le succès spectaculaire des émissions de Télé-Québec comme Passe-partout, Ramdam, Cornemuse ou Le club des 100 watts.

Sans trop de moyens, Télé-Québec a même réussi à faire la barbe à ses riches concurrents dans des niches étroites comme les services, les relations humaines et la cuisine. Souvent avec des animateurs ou des concepts sur lesquels TVA et la SRC avaient levé le nez.

Des émissions inoubliables

Tous les jours pendant huit ans, Gérard-Marie Boivin, Claude Saucier, Lise Lebel et leurs collaborateurs ont répondu à tous les problèmes de société qui chicotaient leur fidèle auditoire. Après un quart de siècle, Télé-Service reste encore un modèle du genre.

Même chose pour la cuisine. Daniel Pinard l’a simplifiée en brisant allègrement mille tabous, puis Josée di Stasio a mis autant de charme que de talent à populariser une cuisine simple mais efficace. Ces deux cuisiniers ont ouvert la voie pour les extravagances de Curieux Bégin.

Rares sont les téléspectateurs qui ont oublié L’amour avec un grand A ou Parler pour parler, des émissions qui ont fait de Janette Bertrand « la femme du siècle » (l’autre siècle, évidemment) selon le Salon de la Femme. Claire Lamarche a donné le droit de parole aux simples citoyens et Normand Brathwaite a donné droit de cité à des dizaines de musiciens et de chanteurs pop qu’on ne voyait et n’entendait nulle part.

Une gestation de 24 ans !

Aucune chaîne de télé au monde n’a connu une aussi longue gestation que Télé-Québec. Conçu par Maurice Duplessis en 1945, l’enfant est né sous Jean-Jacques Bertrand 24 ans plus tard et a lancé ses premiers mots en UHF sous Robert Bourassa en 1975.

Si Radio-Canada a toujours eu une vie mouvementée, Télé-Québec a eu une vraie vie de chien. Le gouvernement a menacé périodiquement de lui couper les vivres ou de mettre le cadenas sur la porte. En 1995, Québec ayant sabré d’un coup presque le quart de son budget, 260 employés (sur 580) sont remerciés. En 2005, un groupe de travail (dont je faisais partie) met la hache dans la production interne et plus de 100 employés permanents doivent quitter la maison de la rue Fullum.

Depuis, Télé-Québec mène une vie assez pépère à l’abri, semble-t-il, des sautes d’humeur du gouvernement. Durant ses 10 ans à la barre comme PDG, Michèle Fortin avec son gros bon sens paraît avoir apaisé à jamais les députés de tous les partis. Elle fut bien secondée en cela par le calme légendaire et la diplomatie de Jean Lamarre. Jusqu’à sa mort prématurée en novembre, Jean était président d’un conseil dont il faisait partie depuis 15 ans.

Télé-Québec deviendra-t-elle centenaire ? Peut-être puisqu’elle commencera bientôt, semble-t-il, à parler... anglais !