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Gagnant à vie

gagnant à vie
Photo courtoisie, Loto-Québec

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«Ce qu’il y a de plus scandaleux dans le scandale, c’est qu’on s’y habitue.» – Simone de Beauvoir

Vous saviez que les 100 dirigeants d’entreprises les mieux rémunérés au Canada gagnent presque 200 fois plus que l’employé moyen? Il y a 30 ans, ce ratio était de 40 fois...

Bof!

En septembre 2017, neuf mois après le début de l’année, les bénéfices combinés des grandes banques canadiennes atteignaient 31,5 milliards $.

Rebof!

La semaine passée, Léo-Paul Lauzon s’insurgeait contre ce party: «Si ce n’est pas nos banques canadiennes qui sont partie prenante avec les gros cabinets de comptables et d’avocats à l’évasion fiscale du fric de notre élite économique canadienne, pourquoi alors ont-elles autant de filiales et d’affiliées dans ces paradis fiscaux...»

Dans La fin des exils, Jean-Martin Aussant nous rappelle également les conséquences des pratiques des bandits à cravate qui exilent leur capital en recourant à des combines douteuses. 

Si l’économiste Aussant nous affirme que «lorsqu’on exerce notre patience dans l’espoir d’une intervention chirurgicale importante, c’est à cause des paradis fiscaux», le prof Lauzon, quant à lui, nous offre une solution dans l’optique de mettre fin à ces pratiques.

À quand la révolte?

Les médecins

Avec un revenu moyen évalué à 697 000 $, les radiologistes arrivent bons premiers parmi l’ensemble des médecins spécialistes au Québec. Sachant que 0,21% des particuliers ont déclaré un revenu total de 500 000 $ et plus pour l’année d’imposition 2015, il est possible d’affirmer qu’ils appartiennent à un groupe sélect.

Pour votre information, la même année, 94% des particuliers avaient un revenu total inférieur à 100 000 $.

Avec un salaire moyen d’environ 400 000 $, il ne faudrait surtout pas vous inquiéter pour l’ensemble des médecins spécialistes.

Bref, il n’est guère surprenant de constater la grogne généralisée lorsqu’on apprend que les médecins spécialistes obtiendront «des hausses de 11,2% sur huit ans, équivalant à une dépense récurrente de 511 millions, étalée sur huit ans» et que «Québec octroie aussi un montant non récurrent de 1,5 milliard...»

Au fait, 511 millions, ça représente quoi au juste?

L’éducation

Je vous propose un petit cours de mathématiques afin de répondre à la question suivante: comment évaluer un investissement en éducation?

À vos calculatrices...

- Combien d’élèves fréquentent le secteur des jeunes au Québec?

- Un peu moins qu’un million, Monsieur.

- Bravo! Afin de faciliter le calcul, nous supposerons que nous avons 1 million d’élèves... Si le gouvernement donne une subvention d’un million de dollars, combien chacun des élèves recevra-t-il?

- Ça fait 1 $ par élève, Monsieur!

- Excellent. Comme nous sommes 1200 élèves à l’école, combien d’argent le directeur recevra-t-il?

- Facile monsieur! 1200 $.

- OK. Les médecins spécialistes recevront environ 500 M$... Ça fait combien par élève si cet argent arrive en éducation?

- 500 $ par élève monsieur.

- Et pour notre école?

- 600 000 $, Monsieur!

- C’est le directeur qui sera content! Il pourra engager environ 7 professionnels à temps plein (orthopédagogues, orthophonistes, psychologues...) ou encore 10 techniciens en éducation spécialisée...

Je vous invite à faire ce calcul hallucinant pour votre école. Puis, vous pourrez rêver à toutes les options possibles dans le but d’aider vos jeunes chaque semaine.

Quelle est la réelle valeur d’un médecin? Je l’ignore.

Par contre, je sais qu’il ne doit pas être une entreprise et qu’il a la responsabilité sociale de soigner les gens.

Pour sa part, Milton Friedman affirmait que la responsabilité sociale d’une entreprise est d’accroître ses profits.

Je constate que cette philosophie désastreuse contamine mes services publics.

Plus d’argent en éducation?

Êtes-vous malades?

Le peuple pourrait sortir de son coma profond.