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La Caisse se mondialise

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Le poids du Québec dans l’actif de la Caisse de dépôt et placement du Québec a légèrement baissé en 2017. L’ensemble de ses actifs québécois s’élève à 63,4 milliards $, soit 21,2 % de l’actif net total de 299 milliards de dollars.

Le recul équivaut à un demi-point de pourcentage par rapport à 2016. Consolons-nous, il appert que l’an prochain, le Québec devrait voir son poids augmenter « grâce » à l’investissement de 6,3 milliards $ de la Caisse dans le projet du REM montréalais.

Avec son rendement de 9,3 % en 2017, l’équipe de gestionnaires de portefeuille de la Caisse de dépôt et placement du Québec s’est relativement bien défendue. Ce rendement équivaut au rendement de l’indice de référence des portefeuilles diversifiés des caisses de retraite canadiennes suivi par la firme Morneau Shepell.

Cela dit, l’équipe de Michael Sabia s’est particulièrement distinguée au chapitre de ses placements privés dans le capital-actions des entreprises. Elle a réussi à surpasser l’indice dudit secteur de 2,5 points de pourcentage.

MONDIALISATION

Fait important à noter : la Caisse se mondialise de plus en plus. Ses actifs étrangers totalisent la somme de 190 milliards $. C’est 105 milliards $ de plus qu’il y a cinq ans. Le poids des actifs étrangers dans le portefeuille de la Caisse représente aujourd’hui 63,7 % de son actif net total.

L’exposition mondiale du portefeuille de la Caisse a augmenté dans tous les secteurs : marchés boursiers, immeubles, placements privés, revenu fixe, infrastructures, etc.

La diversification géographique du gigantesque portefeuille de la Caisse, précise le grand patron de la Caisse, Michael Sabia, fait partie de la stratégie défensive que la Caisse a mise en place ces dernières années afin de solidifier son portefeuille en cas de sévère correction des marchés boursiers.

Il en est de même pour la portion grandissante qu’occupent les actifs moins liquides (comme les placements privés, les immeubles et les infrastructures) dans le portefeuille de la Caisse. Ils comptent présentement pour 62,4 % du portefeuille.

CORRECTION

Quand on parle d’actifs liquides pour une caisse de retraite, on fait référence aux marchés boursiers. À ce chapitre, la Caisse y détient des actifs de 112 milliards de dollars, répartis majoritairement dans les grands marchés boursiers nord-américains, européens et asiatiques.

Sur les 299 milliards $ d’actif net, les actifs liquides accaparent ainsi 37,6 % du portefeuille de la Caisse.

Qui dit « liquides » dit forcément vulnérables aux sautes d’humeur des marchés boursiers.

Lors du dévoilement des résultats de la Caisse, hier, Michael Sabia a affirmé que la Caisse était prête à affronter l’inévitable correction boursière.

Il faut rappeler que l’actuel cycle haussier a débuté en mars 2009.

L’appréciation des indices boursiers a largement dépassé la croissance des profits des entreprises. Ce qui a généré une surévaluation des titres.

LE REM

C’est dans quelques semaines que Michael Sabia va répondre à la question : où la multinationale française Alstom fera-t-elle construire ses 200 voitures du REM ?

Est-ce que ce sera en Inde, en Pologne... ? Est-ce que l’usine d’Alstom à Sorel bénéficiera d’une portion du contrat que la Caisse a octroyé à Alstom au détriment de Bombardier Transport ?

Chose certaine, même si le « dossier » du REM ne représente qu’une fraction (à peine 2 %) de l’actif de la Caisse, le président de la Caisse devra malgré lui y consacrer énormément d’énergie.