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Des larmes d’argent

Les Américaines arrachent «notre médaille» d’or au hockey féminin

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GANGNEUNG | Mélodie Daoust pleurait. Nathalie Spooner aussi. Comme Lauriane Rougeau et toutes les autres joueuses de l’équipe canadienne...

Maman, c’est finiiiiiii. Depuis le temps qu’elles en rêvaient, les Américaines y sont finalement parvenues. Elles ont arraché « notre » médaille d’or au hockey féminin, dans un match d’anthologie qui s’est décidé sur un sixième tir de barrage.

Oui, « notre » médaille d’or. Depuis 2002 qu’elle avait pris racine au Canada, elle commençait à sentir le sirop d’érable !

La défenseure Jocelyne Larocque en a été tellement bouleversée qu’elle a retiré de son cou la médaille d’argent qu’on lui a remise. Ceux qui ont du temps à perdre ont vite condamné son geste sur les réseaux sociaux.

Pas volé

Trente-huit ans jour pour après le Miracle on Ice, la plus grande victoire américaine au hockey masculin contre les Russes aux Jeux de Lake Placid, les Américaines ont repris la première marche du podium. Un exploit qu’elles désiraient répéter depuis leur médaille d’or remportée lors du premier tournoi olympique à Nagano en 1998.

Pour vous dire comment ça fait longtemps, leur défenseure Cayla Barnes n’était même pas née. Leur gardienne Maddie Rooney n’avait qu’un an !

Ça faisait donc un bail. Les Canadiennes ont livré un très bon match mais les troupières de Robb Stauber leur ont été supérieures dans tous les départements.

Elles ont été les plus rapides sur la glace, dirigé plus de tirs au but (42 contre 31), écopé de moins de minutes de pénalité (six contre 12), été meilleures aussi dans les mises en jeu (40 contre 33).

Presque dans le sac

Les Canadiennes ont joué avec le feu en première période en écopant de trois pénalités successives et la capitaine Hilary Knight leur en a fait payer le prix en inscrivant les Américaines au pointage avec 26 secondes à faire à l’engagement.

Les troupières de Laura Schuler sont revenues très fortes en deuxième période avec deux buts sans riposte de Haley Irwin et Marie-Philip Poulin.

Les Canadiennes semblaient se diriger vers la victoire et une cinquième médaille d’or de suite quand Monique Lamoureux est venue déjouer Shannon Szabados pour forcer la prolongation avec seulement sept minutes à jouer.

Difficile à avaler

C’était toujours l’égalité après 20 minutes de prolongation à quatre contre quatre et la ronde initiale de cinq tirs de barrage. Puis Jocelyne Lamoureux est venue mettre un terme au débat.

« Perdre de cette façon, c’est difficile à avaler, n’a pas caché Marie-Philip Poulin. Nous avons joué un bon match où les deux équipes ont tout donné. »

« Marie-Philip a raison, a renchéri Schuler. C’est dur de perdre le match de cette façon. Il n’y a pas vraiment de mots pour décrire comment on se sent après un tel revers.

« Nos deux équipes jouent toujours du hockey serré depuis 20 ans, alors nous nous attendions encore une fois à ce genre de match, avec du jeu enlevant. Mais vous comprendrez que ce n’est pas le résultat que nous souhaitions. »

Daoust et Szabados honorées

Malgré la défaite en finale, plusieurs joueuses ont été honorées pour leurs performances réalisées au cours du tournoi.

Mélodie Daoust a reçu le titre de joueuse la plus utile à son équipe tout en étant élue sur la première équipe d’étoiles à titre de meilleure attaquante. Laura Fortino a hérité du titre de la meilleure défenseure.

Shannon Szabados, qui a réalisé 36 arrêts contre les Américaines dans le match ultime, a été choisie la meilleure gardienne du tournoi.

« U-S-A... U-S-A... »

Faut leur donner ça. Quand ils sont à quelque part, les Américains passent rarement inaperçus.

C’était encore le cas pour la finale de la médaille d’or. Il nous semblait y avoir autant de partisans du Canada que des États-Unis au Centre de hockey de Gangneung, mais ces derniers étaient nettement plus bruyants.

On a entendu le fameux cri de ralliement «U-S-A, U-S-A» plusieurs fois pendant le match.

Après leur victoire, quand les Américaines se congratulaient pendant de longues minutes sur la glace en se pavanant avec des gros drapeaux américains, le disc-jockey maison a eu la bonne idée de faire jouer Born in the USA de Bruce Springsteen.

Un show à l’américaine. Bon pour les cotes d’écoute en tout cas.

« Le rêve de cette équipe a toujours été de ramener la médaille d’or chez nous, a dit la gardienne Maddie Rooney. Pour certaines d’entre nous, les joueuses qui étaient là en 1998 ont été des leaders, pour d’autres des modèles à suivre. Cette médaille d’or représente tout pour nous. »

Rendez-vous en 2022

Cela étant dit, la prochaine représentation du Jour de la marmotte aura lieu à Pékin, en 2022.

Vous vous souvenez de ce film mettant en vedette Bill Murray ? Le journaliste se rend faire un reportage à Punxsutawney, où on célèbre chaque année le jour de la marmotte. Quand il se réveille le lendemain, il est surpris de voir que tout se passe exactement comme la veille. Et c’est encore pareil le surlendemain. Il revit en boucle la journée du 2 février.

C’est la même chose au hockey féminin. Les Canadiennes et les Américaines sont dans une classe à part, les autres équipes manquent nettement de talent pour rivaliser avec elles aux Olympiques.

Les Canadiennes et les Américaines se sont toujours affrontées en finale pour la médaille d’or, à l’exception de 2006 quand les Américaines avaient été battues par les Suédoises en demi-finale. Il y a de bonnes chances pour qu’on les revoie dans quatre ans.

Bruins|Canadien

« Nous sommes une des plus belles rivalités dans le monde du hockey, a dit à ce sujet la Canadienne Brianne Jenner. C’est très spécial ce qui se passe entre nos deux équipes. Un peu comme si le Canadien et les Bruins s’affrontaient en finale de la Coupe Stanley chaque année. »