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Une autre histoire de messie

Une autre histoire de messie

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J’ai appris aujourd’hui sur les réseaux sociaux qu’il ne faut pas faire de blagues au sujet du retour de Jean-Martin Aussant au PQ. Et surtout ne pas évoquer ‘le messie’ ou publier les paroles du Minuit chrétien, le bout qui parle d’un ‘rédempteur’.

Une péquiste pure et dure a eu une prise de bec sur Facebook (où elle publie aussi des tracts antisémites) avec notre excellent blogueur Simon-Pierre Savard-Tremblay, pas exactement un fédéraliste, parce qu’il osé faire cela. C’était assez drôle à suivre, merci.

Malgré que je trouve que Jean-Martin Aussant a une prestance intellectuelle qui manque à d'autres, il n’est pas le messie du Parti Québécois. Mieux vaut l’avoir au PQ qu’à QS mais il a toute une boîte à pain de croutes à manger avant de réussir ce que Lévesque, Parizeau et Bouchard n'ont pu faire, soit vendre la souveraineté aux Québécois.

Qui ?

Chez les non-péquistes, non souverainistes, les ‘fédéralistes mous’, ceux et celles que le PQ doit convertir à la cause pour que les mathématiques soient favorables à l'option, il n’est tout simplement pas assez connu.

Une collègue, en entrevue à Radio-Canada à ce sujet, s’est fait demander par des gens de la technique : ‘c’est qui ça, Jean-Martin Aussant ?’

Caroline Saint-Hilaire à La Joute pense aussi qu’il n’est pas connu du grand public.

Pour sa part, Bernard Drainville a dit que la moitié des Québécois connaissent Aussant, une information qu’il tient du sondeur Jean-Marc Léger.

Qu'importe, pour l'instant, il est une création médiatique. Une vedette diplômée de Politique Académie.

Un vieux rêve

Les militants le connaissent et en rêvent depuis longtemps. La ‘marque’ Aussant annonce un type articulé, intelligent, une belle gueule, convaincu et convaincant. À condition de le connaitre.

Mais le problème du PQ est d’une autre nature: ils n’ont pas assez de militants et de convaincus pour faire passer la souveraineté, ni même pour gagner les prochaines élections.

Et ce n’est pas en confiant à une créature médiatique non testée le mandat de remettre la souveraineté au goût du jour - en utilisant des fonds publics - que les foules dubitatives vont faire le saut dans l’inconnu de l’indépendance. Surtout qu’Aussant est lui aussi très à gauche. Ce n'est pas lui qui va attirer les souverainistes qui rêvent d'un PQ moins étatiste. Ils existent.

Tout est possible. Mais aux élections de 2012, Aussant et son ex-parti, Option nationale, n’ont obtenu que 1,89 pour cent des votes.

Le messie n’est peut-être pas encore arrivé. Parlez-en à votre experte préférée en messie qui prend son temps... :-)