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Justin Trudeau est-il encore un P.I.L.F. ?

Justin Trudeau est-il encore un P.I.L.F. ?
Photo AFP

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En février 2017, le magazine français Madame Figaro publiait un texte délirant de Trudeaumania trempée dans la guimauve.

Dans ce texte intitulé : « Justin Trudeau, mais pourquoi est-il si sexy ?», la journaliste/groupie/majorette/midinette écrivait que notre PM était l’homme «  qui a motivé la création d’un nouvel acronyme, à savoir Pilf (comprendre «Politician I'd Like to Fuck»).*

Aujourd’hui, je me demande si Trudeau est encore le « politicien avec qui on veut coucher ».

Et je me demande combien de temps ça va prendre pour que les commentatrices qui étaient en pâmoison devant Trudeau fassent leur mea culpa. Qu’elles disent : « Oups, on s’est trompé, le beau gosse était vraiment juste un beau gosse."

Dans le Washington Post, la journaliste indienne Barkha Dutt écrivait hier : « Je le confesse, de l’étranger, j’étais une « fille-fan » de Justin Trudeau. Mais après ce voyage, j’ai changé d’idée. Trudeau s’est révélé frivole et facétieux. Ses pas de danse bien orchestrés et ses nombreux changements de costumes (kurtas et shewarmis brodés) le faisaient plus ressembler à un acteur sur le tournage d’un film  ou un invité à un mariage qu’à un politicien qui est là pour parler d’affaires. Tout d’un coup, tout ce charisme, tout ce charme, paraissaient artificiels, manufacturés, et par-dessus tout, pas sérieux du tout. »  

Oh boy, quand est-ce qu’on va lire ça ici de la part d’une de nos propres « groupies de Justin » ?

Quand Trudeau est arrivé au pouvoir, des dizaines de journalistes ont perdu la tête et ont donné à Trudeau le bon Dieu sans confession juste parce qu’il était « donc beauuuuuuuu », « donc coooool », « donc progressiste », "donc féminiiiiiiste".

J’espère qu’elles vivent en ce moment un méchant lendemain de veille. Tu sais quand tu te réveilles le matin après un one night stand, avec une gueule de bois,  quand tu te rends compte que le beau gosse avec tu as couché parce qu’il était trop beau pour être vrai n'est peut-être pas le pogo le plus dégelé de la boîte ?

Je pense à cette chroniqueuse de The Cut qui disait à propos de Justin : « Finalement, l’objectification des hommes, c’est correct » dans un article consacré à ses 6 pieds deux, ses yeux bleus, ses beaux cheveux. Elle le trouvait donc « foxy » !

Mais il n’y a pas qu’à l’étranger que des commentatrices ont été subjuguées par le gendre idéal. Ici, on a eu droit à des accès de lyrisme quand Trudeau est arrivé au pouvoir...

« C’est le rose qui a finalement chassé le gris. » Et ceci : « Les tatouages, le yoga, la méditation et l’ouverture émotionnelle sont arrivés au 24 Sussex. » Et également ceci : « On a un premier ministre qui magasine chez Philippe Dubuc – designer québécois totalement moderne – et un leader qui a l’air d’une vedette de Bollywood quand il investit le plancher de danse dans les soirées indiennes» Bref, on ne se pouvait plus après avoir vu ceci:

 

On a aussi droit à ceci au sujet des années pré-Trudeau.

« C’était une ère de mononcles encore coincés dans de vieux stéréotypes qu’ils dégageaient par tous les pores de leur peau. (...) tout exprimait leur désir de rester dans les rangs d’une masculinité hyper coutumière, à l’ancienne. »

Ouache, caca, beurk, des hommes qui restent dans leur masculinité, mais que fait la police ?

La même chroniqueuse demandait : « Pouvez-vous, une seconde, imaginer (Chrétien et Mulroney) bouger avec aisance dans une soirée indo-montréalaise vêtus d’un costume traditionnel ? »

Non, Madame, on ne pouvait pas imaginer ces  premiers ministres sérieux se comporter ainsi. Et c’est tant mieux. Parce qu’en Inde, Trudeau s’est mis à danser en arrivant à une soirée officielle... et il s'est ridiculisé.

Je préfère et de loin la réserve et la tenue des hommes gris plutôt que les sparages bling bling d’un homme rose.

 

Namasté, chères chroniqueuses. Et dommage pour votre lendemain de veille.

 

*Petite parenthèse, ici : si les féministes trouvent terriblement dégradante l’expression M.I.L.F. (Mothers I’d Like to Fuck) j’aimerais qu’on m’explique pourquoi c’est correct d’hypersexualiser un homme avec l’acronyme P.I.L.F.