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Les plans de l’usine d’autos électriques étaient prêts

Le projet avec Peugeot-Citroën était loin d’une simple étude de faisabilité

Alain Laplante
Photo Carl Vaillancourt Le maire de Saint-Jean-sur-Richelieu, Alain Laplante, pose devant le terrain de 6,2 millions $ qui devait accueillir la future usine d’assemblage de véhicules électriques de Peugeot-Citroën.

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Contrairement aux affirmations du premier ministre Philippe Couillard, le projet d’usine de véhicules électriques impliquant le groupe français Peugeot-Citroën au Québec était très avancé. Même les plans de l’usine étaient prêts, a appris Le Journal.

« Tout était en place pour aller de l’avant. Le projet était à un stade très avancé. Les plans de l’usine et la conception avaient été complétés », a indiqué au Journal une source européenne bien au fait du dossier.

Comme le dévoilait Le Journal le 7 février dernier, le gouvernement du Québec a misé et perdu 14 millions $ dans un projet de construire une usine d’assemblage de voitures électriques haut de gamme en sol québécois.

Investissement Québec et Hydro-Québec ont englouti plus de 14 millions $ dans l’aventure avant qu’Investissement Québec se désiste et mettre fin au projet abruptement en octobre dernier.

Création de 700 emplois

Le projet de 600 millions $, comportant la créattion d’au moins 700 emplois, exigeait une injection de fonds publics de 100 millions $ de la part de Québec et 100 millions $ de la part d’Ottawa. Les partenaires privés investissaient pour leur part plus de 400 millions $ dans le projet.

Le constructeur de bâtiments Syscomax de Mirabel avait d’ailleurs été choisi pour travailler activement sur les plans et la construction de la future usine. Joint hier par Le Journal, un dirigeant de Syscomax, Daniel Robitaille, n’a pas voulu émettre de commentaire en raison d’une entente de confidentialité.

La coentreprise qui pilotait le dossier au Québec, Arion Technologies, avait également embauché un chef de projet Industrialisation et Infrastructures, dont le mandat consistait à concevoir les plans d’une usine d’assemblage au Québec.

Joint à Paris hier, Jean-Marie Gourlin, qui a déjà travaillé à la conception d’usines et de chaînes de montage pour Peugeot, Renaud et GE en Europe par le passé, n’a pas voulu en ajouter.

Déception à Saint-Jean

Au moins cinq villes avaient attiré l’attention des promoteurs pour accueillir la future usine d’assemblage de voitures électriques, soit Bromont, Valleyfield, Saint-Jean-sur-Richelieu, Mirabel et Vaudreuil.

Hier, le maire de Saint-Jean-sur-Richelieu, Alain Laplante, n’a pas caché sa déception alors qu’une option d’achat avait été prise sur un vaste terrain de 6,2 millions $.

À Bromont, le maire Louis Villeneuve a lui aussi convenu que la venue d’une telle usine d’assemblage aurait eu l’effet d’un catalyseur au sein de sa communauté. « On s’en allait dans les véhicules électriques, un secteur en forte croissance. Les retombées auraient été extraordinaires », a-t-il fait valoir.

Le projet en bref

  • Copartenaires: Peugeot-Citroën (PSA), Exagon Motors, Investissement Québec et Hydro-Québec
  • Montant investi par Investissement Québec: 10 millions $
  • Montant investi par Hydro-Québec (IndusTech): 4 millions $
  • Montant total investi par les partenaires: 24 millions $

Le dossier en 3 questions

Y avait-il un projet d’usine prêt à décoller ?

« Tout d’abord, il n’y avait pas de projet d’usine. La seule chose qu’on faisait, c’était une étude de faisabilité... » – Philippe Couillard, 21 février 2018

Québec mise-t-il sur la voiture électrique ?

«Le Québec, c’est le terreau idéal du développement du véhicule électrique. » — Philippe Couillard à Davos, 20 janvier 2016, lors de l’entente avec Peugeot-Citroën

Qui a mis fin à l’entente avec Peugeot-Citroën ?

« Peugeot Citroën, l’un des actionnaires d’Arion Technologies Automobiles, a indiqué qu’il ne souhaitait pas poursuivre le projet. » — Ministère de l’Économie du Québec, 6 février 2018

« La décision a été prise en conseil d’administration où siégeaient à la fois Investissement Québec et à la fois Peugeot. Il n’y a eu aucune surprise. » — Dominique Anglade, 21 février 2018