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Taxer l’échec

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L’éducation est la clé de voûte de la réussite personnelle et de l’avancement des sociétés. Il est donc essentiel de la rendre accessible à tous. Mais les grands principes, aussi nobles soient-ils, ne sont jamais garants de bons résultats.

Banal

C’est notamment la conclusion à laquelle on aboutit à la lumière des révélations ahurissantes quant aux taux d’échec des cégépiens. À peine le tiers des élèves terminent leur cégep dans les délais prévus et, dans certains établissements, jusqu’à 20 % des élèves échouent à la moitié de leurs cours. Les cas d’échecs multiples à un même cours sont aussi fréquents. L’échec est banalisé. Il est devenu une norme, voire un mode de vie.

N’attribuons pas ce constat lamentable à des cégeps trop exigeants, à des jeunes mal préparés ou à une pédagogie déficiente. Le système d’éducation est conçu de manière à rendre la réussite accessible à quiconque respecte, même minimalement, les directives énoncées dans les syllabus des cours. Dans certaines matières, échouer relève presque de l’exploit.

Si tant de jeunes s’éternisent au cégep, c’est principalement parce qu’ils fréquentent l’école en dilettante. Ils veulent étudier à temps plein, mais ils travaillent également à temps plein et suivent plus assidûment les séries télé que leurs cours.

Conséquence

Les frais de scolarité pour une année au cégep sont de 300 $ environ, le reste de la facture étant refilé aux contribuables. L’échec est donc sans réelle conséquence pour l’élève. Alors pourquoi prioriserait-il la réussite ?

On clame que l’éducation est un droit. Soit ! Mais qu’en est-il de l’obligation de l’élève de prendre ses études au sérieux et de ne pas infliger aux contribuables des coûts inutiles ? Réinstaurer la taxe à l’échec, laquelle augmenterait avec le nombre d’échecs, voilà qui motiverait les cégépiens à étudier. Car si les jeunes ne comprennent pas le langage de la raison, ils sont très familiers avec celui de l’argent !