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Pèlerinage libérateur en Italie

Pèlerinage libérateur en Italie
Photo Martin Alarie

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Pour aider l’entreprise de son petit frère, Jean-David Pelletier, spécialiste en communications, avait eu l’idée d’installer au centre-ville de Montréal un sapin de 26 m qui allait rivaliser avec le célèbre sapin de Noël du Rockefeller Center de New York. Le sapin, trouvé après mille péripéties, a été baptisé le « sapin laid de Montréal ». Il a fait la manchette dans le monde entier.

Quand le temps des Fêtes a été fini, Jean-David a rempli son sac à dos et pris l’avion pour l’Italie. Il avait pris soin d’emporter quatre cocottes, dans l’intention de les planter symboliquement sur son chemin, pour se libérer de toute cette histoire.

Son récit de voyage, écrit sans censure, sans scrupule, raconte toute l’épopée du sapin laid, du début à la fin, au gré des journées de marche, et s’agrémente des mésaventures inévitables d’un long voyage à pied.

Il est question de rencontres hors du commun, mais aussi de cuites mémorables, de pot et d’ecstasy­­­, d’idées pas toujours gagnantes, comme celle de marcher avec un âne, et de bons repas. C’est étonnant, souvent très drôle, et très original — un voyage complètement déjanté, de Milan à la Sicile.

De façon authentique

Le voyage et l’écriture du livre ont eu un effet libérateur pour Jean-David, qui était pas mal au bout du rouleau après l’histoire du « vilain sapin ». « Quand je visualisais mon 20 secondes de gloire, je le visualisais avec autre chose qu’un sapin laid », lance-t-il en faisant référence à une entrevue accordée au New York Times.

« J’ai écrit le livre sans aucune attente. Ça ne me tentait pas de me censurer, parce que je risquais de tomber dans la fiction, tandis que ma ligne directrice était de raconter authentiquement ce qui se passe. C’est ce qui m’a motivé », explique l’auteur, qui rentre tout juste d’un séjour au Mexique. « Le voyage et l’écriture m’ont guéri. Une fois les quatre cocottes plantées, j’avais fait la paix avec le sapin. »

« J’ai rencontré des gens extraordinaires partout : des gens généreux, accueillants, drôles. Ça a tout le temps été un happy ending. Comme je le dis à la fin de mon livre, c’est bien beau voyager seul, mais dans ce voyage, si je n’avais rencontré personne, il aurait été d’une platitude totale. J’ai même présenté une conférence à une classe de ti-culs de 10 ans. »

Improvisation

Jean-David Pelletier a fait son périple italien à pied, sans connaître d’avance l’étape suivante, ce qui a laissé beaucoup de place à l’improvisation. Il cherchait où passer la nuit sur airbnb, s’est fait voler son téléphone... et s’est chaque fois débrouillé pour se tirer d’affaire.

Que retire-t-il de toute cette folle épopée de sapin ? « Honnêtement, sur le plan social, j’en retire que quand tout le monde se met à taper sur le même billot, avec les médias sociaux et tout, ça peut créer toute une saga. J’en retire aussi [qu’il faut] persévérer : même si c’est un projet de fou, ça peut valoir la peine... même si les premiers résultats ne sont pas concluants. Le sapin n’était pas parfait... eh bien, justement, célébrons l’imperfection ! »

  • En librairie le 28 février.
  • Jean-David Pelletier a mené une carrière de mannequin qui lui a permis de séjourner dans les grandes capitales du monde.
  • ll est diplômé de l’INIS en réalisation­­­ et spécialiste des communications­­­.
  • Il travaille depuis une quinzaine d’années dans le showbiz québécois­­­.
  • Il rencontrera les visiteurs du Salon international du livre de Québec en avril.

EXTRAIT

Les cocottes du vilain sapin 
Jean-David Pelletier
Les Éditions de l’Homme
240 pages
Photo courtoisie
Les cocottes du vilain sapin Jean-David Pelletier Les Éditions de l’Homme 240 pages

 

« Il fallait tout de même voir mon look de pèlerin. En plus de ma sale tronche barbue, j’étais coiffé d’un chignon bun (je sais...) et je portais un immense sac à dos. Un bon sac de type northwestkanukcanadagoosemachinchouette. Le genre de calibre qu’on utilise pour escalader l’Everest. Sur mon dos, il était vraiment disproportionné. Ridiculement démesuré pour un gars qui se lance dans une expédition à pied, il va sans dire. J’avais d’ailleurs surnommé ce sac “Bazooka” lors de mon pèlerinage à Compostelle. Je le jure, il est monstrueux ! Ce qui le rend si grotesque, c’est qu’au lieu d’y accrocher mon gros sleeping bag hivernal et mon matelas de sol, je les range à l’intérieur, par-dessus toutes les autres babioles. J’en ai fait l’expérience à Compostelle ; en cas de pluie, ce système est TOP ! Cependant, ça donne à mon sac la forme ridicule d’une longue saucisse géante croche (pour ne pas dire un gros pénis) qui dépasse ma tête d’un bon pied et demi et qui se balance de gauche à droite au gré de mes pas. »

– Jean-David Pelletier Les cocottes du vilain sapin