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Rien n’arrive pour rien

Une bête sur la lune raconte le parcours de deux survivants du génocide arménien

Jack Robitaille complète la distribution de la pièce Une bête sur la lune. 
Photo courtoisie Nicola-Frank Vachon Jack Robitaille complète la distribution de la pièce Une bête sur la lune. 

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Une rencontre et une connexion entre deux individus peuvent mener à une opportunité. C’est ce qui a permis à Mustapha Aramis d’obtenir une audition pour le rôle d’Aram Tomasian dans la pièce Une bête sur la lune. Rien n’arrive pour rien.

Michel Nadeau, directeur artistique de La Bordée, avait suggéré à la metteuse en scène Amélie Bergeron de faire passer une entrevue au jeune comédien qui a fait ses classes au Conservatoire d’art dramatique de Québec.

« Michel était un de mes professeurs préférés et c’est une attention qui m’a beaucoup touché », a lancé le comédien que l’on peut voir dans le téléroman L’Heure bleue.

Michel Nadeau l’avait dirigé, en 2013, dans la production La réunification des deux Corées, au Théâtre du Conservatoire.

Mustapha Aramis joue le rôle d’un jeune homme qui a fui le génocide arménien pour s’installer aux États-Unis.
Photo courtoisie Nicola-Frank Vachon
Mustapha Aramis joue le rôle d’un jeune homme qui a fui le génocide arménien pour s’installer aux États-Unis.

 

« On rencontre des gens, on connecte mieux avec certains qu’avec d’autres et il y a des opportunités qui s’ouvrent avec ça. L’idée, c’est de ne pas s’enfler la tête avec son relationnel », a-t-il fait remarquer, lors d’un entretien.

À l’affiche à La Bordée, à partir de mardi, Une bête sur la lune raconte l’histoire d’Aram Tomasian, un jeune homme qui a fui le génocide arménien, lors duquel tous les membres de sa famille ont été assassinés.

Installé à Milwaukee, aux États-Unis, il fait venir Seta, une jeune réfugiée de 15 ans, pour la marier et poursuivre sa lignée familiale.

La pièce du dramaturge américain Richard Kalinoski suit, sur onze années, ce couple mal assorti. Aram est emprisonné dans ses souvenirs douloureux et dans le silence. Seta est enjouée, pleine d’espérance et ouverte au nouveau monde qui lui est offert.

Mustapha Aramis explique que le défi, pour le rôle d’Aram, était de mettre sa grande sensibilité de côté. Un défi qu’il a qualifié d’assez considérable.

Les comédiennes Ariane Fafard-Bellavance et Rosalie Daoust lors des répétitions.
Photo courtoisie Nicola-Frank Vachon
Les comédiennes Ariane Fafard-Bellavance et Rosalie Daoust lors des répétitions.

 

Entre deux chaises

« Amélie, la metteuse en scène, m’a dit que j’avais une palette d’émotions, comparativement à Aram qui en a, au maximum, deux ou trois. Je ne dois pas être triste lorsqu’il y a quelque chose de triste. Aram est un survivant et ce n’est pas vrai qu’il va se laisser emporter par la tristesse », a-t-il admis.

Le comédien ne connaissait pas cette œuvre, qui, lors de sa présentation en France, en 2001, a remporté cinq prix Molière.

« C’est une pièce avec de l’espoir et sur des gens qui ont passé à travers un malheur comme un génocide. Ils bâtissent leur futur différemment et ceci amène la mise en place d’une problématique qui sera à résoudre au fur et à mesure de la pièce. C’est une très belle pièce qui m’a vraiment beaucoup touché. J’ose espérer qu’elle sera une aussi belle surprise pour le public qu’elle l’a été pour moi », a-t-il laissé tomber.

Mustapha Aramis établit certains liens entre cette œuvre et sa situation d’Algérien qui, à l’âge de 11 ans, a émigré au Québec, avec sa famille, au moment où l’Algérie était secouée par une guerre civile.

« C’est difficile de trouver sa place et de s’affirmer et c’est quelque chose sur lequel je travaille encore. Je ne serai plus jamais l’Algérien et je ne serai peut-être jamais le Québécois-Canadien. C’est comme être pogné entre deux chaises. Je me sens plus montréalais, toutefois, parce que c’est là que j’ai grandi, que j’ai vécu mon enfance et où mon identité s’est forgée », a-t-il mentionné.


Une bête sur la lune est présentée, du mardi au samedi, à la Bordée, du 27 février au 24 mars.